Et il renâcla -nnad

Par Le Mamelouk

« On est cinq sur lui mais ça va, j’ai mes chances. Je suis comme le bon vin, j’ai de la cuisse ! »

Kyou Fujibayashi

De la cuisse, ah ah ah Il y a d’ailleurs de fortes chances qu’Okazaki soit amateur de grands crus, son père étant lui-même très porté sur la bouteille. Mais de qui parlons-nous ? Du personnage principal de l’anime CLANNAD, dont voici un bref résumé :

Tomoya Okazaki est un lycéen qui ne rigole pas ; il faut le comprendre, il vie seul avec son père alcoolique à ses heures. Un jour, en se rendant à son lycée, il rencontre une fille qui parle toute seule, Nagisa Furukawa. Ayant été malade une grande partie de l’année, elle se voit redoubler son année scolaire et se retrouve sans amis. Tomoya va se prendre d’amitié pour elle et va l’aider à relancer le club de théâtre. Rajoutez à cela plein d’autres gonzesses.

Cette série est l’adaptation d’un visual novel de chez Kei (Kanon, Air) par le fameux studio Kyoto Animation, à qui l’on doit – entre autres – La Mélancolie de Haruhi Suzumiya. Gage de qualité au niveau de l’animation, mais qu’en est-il du reste ? Le jeu original propose de suivre l’histoire de 5 héroïnes à travers différents scénarios. Je n’ai pas joué au jeu, malgré les conseils d’un ami (ZIINNNNND), je ne peux donc juger de la fidélité de l’adaptation. Le fait de devoir passer Windows en jap est un bon prétexte pour repousser le jour où je tenterai le coup.

Pour aller droit au but, j’ai modérément apprécié Clannad. La qualité générale est bonne, on sourit beaucoup, on rit assez souvent, on explose de rire quelquefois, l’histoire se déroule tranquillement avec ses nombreuses péripéties. Mais. Mon appréciation globale aurait pu être grandement meilleure s’il n’y avait pas tous ces points noirs, ces petits – ou gros – détails qui viennent pourrir le tableau. Et je dois bien avouer que certains m’ont assez horripilé. Et malheureusement, on se rappelle toujours plus facilement les mauvais souvenirs que les bons.

Avis sur les personnages

Commençons par le ‘héros’. Je vois deux grandes tendances en ce qui concerne les héros masculins dans les animes : ou l’on a affaire à un loser (pour que le spectateur puisse s’identifier à lui, ou se sentir supérieur ? À vous de voir.), ou à un mec hors du commun/super-héros, ou, le cas échéant, à un truc comme Okazaki. Et je maîtrise le binaire.

the héros et son pote blondinet Sunohara
Certes, Okazaki n’a pas une vie familiale idéale. Certes, il ne peut plus jouer au basket suite à une querelle avec son padre, qui lui a esquinté l’épaule. Certes, les mecs au regard sévère ou mystérieux, ça fait glousser les dindes. Mais trop, c’est tropico. Suivre les aventures d’un mec qui ne décroche pas un sourire plus souvent qu’un téléphone, ça n’encourage pas à s’y attacher. Appelons-le d’ailleurs Porte de prison. Le côté cynique avait pourtant admirablement fonctionné avec Kyon dans SHnY ; allez savoir pourquoi, ici ça ne passe pas. Autant Kyon pouvait faire la gueule à force d’obéir aux ordres loufoques de Haruhi, autant Porte de prison est entouré de filles toutes plus jolies et attentionnées les unes que les autres. Même sa concierge est super. Même la mère de Nagisa (MILF inside). Alors le côté « je suis trop un blasé de la vie » : non.

NiaiseuseVient ensuite Nagisa. La timidité ou la naïveté, d’accord, c’est MOE. Mais là encore, faudrait voir à ne pas abuser non plus. Ça en deviendrait presque insupportable. Heureusement qu’elle a des parents sympathiques.

Quelle belle image... Poursuivons avec Kotomi la surdouée. Lors de ses premières apparitions dans la bibliothèque, elle m’avait fait très bonne impression. Une fille calme, dans la lune, qui passait son temps à lire des livres, assise pieds nus sur des coussins. Sa manière de se tourner vers Porte de prison avec son petit côté ‘complètement à l’ouest’ m’avait séduit. Mais une fois que l’on commence à s’intéresser à son histoire, elle choppe le syndrome Nagisa. Quels en sont les symptômes ? L’envie de la secouer en la prenant par les épaules et de lui dire « MAIS FAIS QUELQUE CHOSE BORDEL, BOUGE UN PEU ! »

Parlons des sœurs Fujibayashi, Kyou et Ryou. Ç’aurait pu être le jackpot, si seulement on ne les retrouvait pas dans une situation ô combien surexploitée : je suis amoureuse de ce garçon, mais toi aussi – toi qui es plus timide et qui n’oseras jamais aller lui parler, Les 2 jum... mais regardez-moi ces cuisses !! je vais donc mettre mon amour de côté et tout faire pour que vous sortiez ensemble. Sérieusement, si j’avais gagné 1€ à chaque fois cette situation rencontrée… (j’aurais au moins, pfioouuu, 5€) On ne pourrait pas plutôt avoir des sœurs qui se tirent dans les pattes et se font des sales coups pour être la première avec le mec en question ? Ça, ça serait intéressant. Et tellement plus plausible. (Depuis quand les frères et sœurs s’entendent bien ? Oui, je vous entends, elles sont jumelles, ouaaaiiis… Mais là du coup ça aurait été super original, qu’elles se gauffrent le chignon.)

Joie !

Grâce à Dieu, Tomoyo est là. Enfin une fille qui n’est pas une cruche, qui est belle et qui distribue les pains comme Jésus. J’ai les superlatifs qui me montent aux yeux rien que d’en parler.

Finissons par les choses qui fâchent – encore plus que les autres. Fuuko. Horripilant, ce perso est horripilant. Je pense que les scénaristes ont fumé pour écrire son histoire.
Visualisons la scène : une petite fille, toute mignonne, vous accoste dans la rue et vous tend, disons, un collier de nouilles, accompagné d’une petite formule de politesse (genre ‘Je vous en prie’). Réaction = « Oh comme elle est mignoooonne !! Merci, c’est très gentil !« .
Prenons maintenant la même situation, avec cette fois-ci une jeune fille qui vous tend une étoile de mer en bois sculpté à l’arrache.
– Option 1 = « Euh, j’ai pas trop le temps là, je dois y aller, désolé… »
– Option 2 = « Voilà ce que j’en fais de ton truc, étouffe-toi avec !! »
– Option 3 = « Tu veux des bonbons ? Viens, on va faire un petit tour… »
(À noter que l’option 3 n’est définitivement pas une bonne option.)
Non mais franchement, une gamine qui taille des étoiles dans du bois, c’est pas un peu effrayant ? Et après elle s’étonne que personne n’en veut… FUYEZ PAUVRES FOUS !!!! Si au moins elle avait eu le mérite de laisser sa place aux autres filles dans les épisodes suivants, mais non ! Il faut qu’elle revienne lorsqu’on ne l’attend pas, à l’improviste, dans des saynètes complètement inutiles. Mais le pire dans tout ça, c’est qu’en plus d’être inutiles, ses apparitions cassent totalement l’ambiance.

Les moments « hein ? quoi ? »

En parlant des scènes assez glucoses, plusieurs autres choses me font penser que les auteurs étaient sous acide.

Premièrement, l’animal de compagnie des jumelles. Un sanglier. Ahaha, un sanglier, Botan qu’il s’appelle. Un sanglier qui fait « Puhi puhi ». Crédibilité -200.

Saucisson powaaa !

Deuxième tableau qui me revient, la fantastique scène d’arrachage de pelouse. Porte de prison, qui n’a rien trouvé de mieux comme technique de drague, décide d’arracher la pelouse de Kotomi armé d’une simple truelle. Comment ça mon gazon ?Touffe d’herbe après touffe d’herbe (dans le but d’ouvrir la voie vers le gazon personnel de Kotomi ? ahem). En voyant ça, je n’ai eu qu’une envie, c’est de lui dire « MAIS VA T’ACHETER UNE PELLE, CONNARD ! ». Tout ça pour faire genre ‘comment j’ai passé trop de temps dans ton jardin, je tiens trop à toi !’.
Mais la véritable question, c’est : pourquoi arracher la pelouse alors qu’il aurait suffi de la tondre ? Parce qu’il faut avouer ce qui est, le résultat est quand même horrible.

Je ne mentionne pas les quelques passages ‘fantastiques’ où l’on voit une fille tailler le bout de gras avec un robot en boîtes de conserve, élément qui n’est absolument pas expliqué dans cette première saison (ou alors j’ai pas suivi). J’espère que c’est plus clair par la suite (j’entends par-là dans la deuxième saison).

Tomoyo redresse les barres

L’épisode 24, le Chapitre de Tomoyo, vaut à lui seul toute la série. OAV contant le scénario de Tomoyo (donc dans le cas où Porte de prison l’aurait choisi elle et pas une autre), cet épisode contient plus de sentiments que tous les autres (genre, au hasard, ceux de Fuuko). L’épisode que j’ai attendu pendant toute la série, celui qui m’a pris aux tripes. Je comprends les fans de Tomoyo grâce à lui ; un personnage admirable.

Ne me quitte pas

Ébauche de conclusion

Pourquoi toujours la même soupe ? Un mec, plein de nanas qui zieutent sur lui, le harem par excellence. J’ai bien peur de commencer à saturer avec ce style d’anime, malgré les bonnes qualités qui peuvent se dégager de Clannad.
Hormis l’OAV, je n’ai pas ressenti de fortes émotions avec cet anime. Je me suis contenté de suivre le déroulement de l’intrigue sans jamais y être vraiment aspiré. Mais Clannad a quand même réussi à me retenir jusqu’à la fin, grâce à la présence dans chaque épisode de petits moments que l’on pourrait qualifier d »épiques’, ou plus simplement de très drôles. Pour donner des exemples, la fameuse scène dans le local de sport avec les cuisses de Kyou, les attaques de Sunohara contre Tomoyo, les innovations de Sanae en matière de pains extraordinaires etc. Chaque épisode possède ainsi son ou ses moments cultes (pour moi en tout cas), comme le lancer de dictionnaire dans le premier épisode, Porte de prison qui parle à la petite sœur de Sunohara au téléphone dans l’épisode 15, Tomoyo qui enfonce une saucisse dans le nez Sunohara dans le 16…

Le paradis existe

Ah oui, j’oubliais, l’ending est incroyablement charmant, tout en sucre.
L’opening, quant à lui, commence très bien, le rythme monte, jusqu’au titre, pour devenir banal, sans grand intérêt. Dommage. Parfaitement oubliable.

Synthèse de la conclusion

Clannad est un anime assez bon. Si vous avez plein d’autres choses à regarder, il ne fait pas partie des priorités selon moi. Mais ça reste une série très agréable.
Les questions que je me pose maintenant (et que je vous pose, si vous en savez plus) : faut-il regarder la suite, Clannad ~After Story~ ? Faut-il jouer à tout prix au jeu, parce que l’œuvre originale est toujours mieux de toute façon ?

Au revoir.

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5 réponses à “Et il renâcla -nnad”

  1. #1

    cuchulainn dit :

    Tiens, pour une première critique d’anime, je n’aurai pas pensé que tu te pencherais sur celui ci. En tout cas chapeau, c’est très complet et personnel. 😉
    Pour le cas du sanglier: Je dirai que de manière générale les sangliers ont un groin très sensible et font preuve d’une grande dextérité pour fureter le terrain à la recherche de la fameuse truffe… ou autre chose s’il est dressé correctement! xD

  2. #2

    kyouray dit :

    Je n’approuve pas tous les propos évoqués dans cet article mais il faut avouer que cet article est vachement comique et plaisant à lire. Le vrai héros, c’est Sunohara !
    Sinon pour te répondre, Clannad After Story offre plus d’émotions que la première série mais s’éloigne un peu de l’esprit de cette dernière, ça pourrait t’intéresser.

    D’ailleurs en parlant de Zind, il est passé où ? 🙁

  3. #3

    Le Mamelouk dit :

    Ça c’est la question que tout le monde se pose… (non pas tout le monde, faut pas abuser non plus hé !)

    J’ai oublié de parler de Sunohara tiens. Tant pis, une prochaine fois.

  4. #4

    Axel Terizaki dit :

    Article bien sympa à lire et entrecoupé d’images on ne peut plus sympa aussi. Mention spécial au crossover avec Higurashi qui m’a arraché plus d’un rire 🙂

  5. #5

    Entrequote charolaise» Blog Archive » Mon self ; Ton tiquet resto dit :

    […] n’aurions eu à nous mettre sous la dent que des sempiternels clichés, à l’instar de Clannad avec son « Je l’aime aussi mais je te le laisse parce que ». Du genre la fille qui […]

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