L’ascension d’Horus

Par BuzzerMan
Couverture

Un roman produit dérivé d’un jeu de figurine, qu’est-ce que ça peut valoir ? Hum, bonne question…

On va finir par croire que je suis un vrai fan boy de Warhammer et de Games Workshop ! C’est sans doute un peu le cas, j’aime bien cet univers et je trouve qu’ils ont bossé leur background et lui ont donné assez de corps et de cohérence pour dépasser le simple combat de soldats. Il n’empêche, aller jusqu’à sortir des bouquins autour de leur monde et les proposer dans les boutiques classiques (et non celles estampillées GW), n’est-ce pas un peu trop ? De toute façon, les lecteurs qui ne connaissent pas seront à mon avis assez vite repoussés par le prix affiché au dos : 11,50€ pour 400 pages, wach ! Les figurines de plombs ou de plastiques ont déjà la réputation de coûter les yeux de la tête, permettant à leurs créateurs de postuler au rang de véritables alchimistes ; pour les livres aussi, l’objectif est clair : se faire des sous auprès des fans et, tant qu’à faire, toucher quelques autres personnes, ignorantes du reste du background.

Je fais donc plutôt partie de la première catégorie mais je me demande quand même si ce livre a de l’intérêt pour les membres de la seconde. L’univers des figurines Warhammer 40,000 se déroule au 41ème millénaire (d’où le chiffre, merci de suivre), à l’époque où l’Humanité est en prise avec tout ce que le cosmos a généré de races ennemies plus ou moins maléfiques. On y retrouve les orks, les eldars et les tyrannides de Dawn of War 2 mais bien d’autres races dont les terrifiants Space Marines du Chaos tout pas beau. Je savais grosso modo que ces derniers sont, à la base, des Space Marines qui se sont laissés gangrener par les Dieux du Chaos (parce qu’ils sont très très forts et très vilains) mais je ne connaissais pas les détails de cette transformations. C’est ce que propose de nous raconter le roman L’ascension d’Horus en nous propulsant 10 millénaires plus tôt, après que l’Empereur se retire de la Grande Croisade et confit ses rênes à Horus promu Maître de Guerre pour l’occasion. On suit la conquête d’un monde habité par des humains récalcitrants puis l’installation du pouvoir de l’Empereur à travers un des plus hauts officiers de la légion d’Horus (je rentre pas dans les détails, c’est très compliqué chez les Space Marines, tout est divisé en légion, chapitre, compagnie, escouade…). Mais des événements pas nets vont surgir des profondeurs d’un camp de résistants et perturber les certitudes de ce brave soldat intégre. Voilà pour le fond, je n’en révèle pas plus, dès fois que vous ayez l’idée de lire malgré ce qui va suivre…

Autant ne pas le cacher, après la lecture d’un Stephen King, passer à ce livre n’a pas été très simple. Dan Abnett nous impose dès le départ une liste ‘personnage – fonction’ avec laquelle il faut se débrouiller pour se repérer dans la hiérarchie sans nous les présenter plus en détail, ou vaguement tout au long de l’histoire. Et là où d’autres édition s’en sortent apparemment bien en proposant un marque-page récapitulant les protagonistes, ici il faut sans cesse voyager dans le livre pour savoir ce que Luc Sedirae vient faire ici… Les poissons rouges comme moi ne seront pas aidés au départ, on s’y fait quand même bon gré mal gré (un dernier aller-retour dans les dernières a fini de me convaincre d’insister sur ce point). Le style n’est pas non plus des plus clairs, il manque un petit quelque chose pour que l’on s’accroche aux textes pendant une longue soirée, j’ai préféré y revenir par petite touche faisant durer la lecture beaucoup plus longtemps qu’il ne l’aurait fallut s’il y avait ce petit plus. Peut-être est-ce dû à la traduction, je ne me pourrais pas me prononcer…

Mais attention, il n’est pas pour autant inintéressant à lire, les personnages qui finissent par être présentés le sont plutôt agréablement, la majesté des combattants est bien mise en avant ; les batailles sont bien retranscrites, on n’est pas au cœur de l’action comme la série Orcs de Stan Nicholls, on prend plus de recul mais au moins l’histoire avance, un peu… Pas très vite quand même. Et oui parce que c’est une trilogie, ‘faut pas trop en dire dès le premier tome, laisser un peu à raconter pour la suite que, de toute façon, ceux qui ont le premier vont acheter pour savoir ce qu’il arrive à tous ces gentils Space Marines. Franchement, je me demande vraiment si ça va être mon cas. Si vous n’avez pas envie d’investir dans une série longue (et coûteuse), je ne vous conseille pas vraiment ce premier tome qui, malgré tout est pourtant sympa, surtout si on est habitué à cet univers. D’ailleurs si à tout hasard quelqu’un qui l’a déjà lu passe par là, est-ce que la suite vaut le coup ?

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Une réponse à “L’ascension d’Horus”

  1. #1

    DokDoyle dit :

    Du même auteur, j’ai pour ma part lu la trilogie d’Eisenhorn, sur l’Inquisition et ses trois Ordos Hereticus, Malleus et Xenos (qui a par ailleurs donné lieu au background du jeu éponyme Inquisitor).
    ça se laisse lire quand on est un fan des unis GW, c’est même de la littérature SF de plutôt bonne qualité, car Abnett n’est pas non plus le dernier des Paolinis. C’est à mon avis dépourvu d’intérêt pour le profane.

    Dok.

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