Asimov et Cie.

Par BuzzerMan

Isaac Asimov, le maîtreL’un des auteurs de Science Fiction qui m’aura le plus marqué dans ma petite vie de lecteur est Isaac Asimov. La découverte des premières nouvelles de Fondation au lycée m’a mis une bonne claque, mon inexpérience jouait sûrement pour beaucoup mais, même maintenant, je ne suis pas sûr de trouver mieux….

NB : il se peut que quelques spoilers traînent par-ci par-là, j’ai essayé de les réduire au minimum, ce n’est pas facile…

Prélude à Trantor De toute façon, je n’apprends rien à personne, Isaac Asimov est l’un des trois grands Maîtres de la SF avec Arthur C. Clarke (2001 : L’Odyssée de l’Espace) et Robert A. Heinlein (Starship Troopers). Ses écrits sont clairs, il est capable de vulgariser des concepts scientifiques de manière révoltante (tellement cela devient simple) autant que nous emmener dans les étoiles pour nous compter la palpitante évolution de l’Empire Galactique façonné sous sa plume. Certains de ses romans prennent aussi la forme d’un policier futuriste, un grand nombre de ses écrits sont des nouvelles regroupées par thème mais dans ses grandes séries, on les trouve mélangées à des romans. C’est un auteur dont je ne me lasse jamais, même après avoir lu une grande partie des cycles Robots et Fondations. La première commence dans un futur proche où les premiers robots sont inventés et intégrés bon gré mal gré dans la société terrienne. La vision d’Asimov des robots a changé la façon de les voir et de les imaginer, ce ne sont plus les robots « méchants » qui se rebellent contre les humains, les exterminent au laser et les emprisonnent dans la Matrice. Les siens sont dirigés par les fameuses Trois Lois de la Robotique (ce dernier mot est d’ailleurs utilisé en tout premier par Sir Isaac) intégrées à leur circuit, comme la vengeance aux œuvres de Tarantino, qui leur empêche de faire un quelconque mal aux humains. Ses premières nouvelles vont alors nous exposer les problèmes qu’ont pu se poser les robopsychologistes en charge de leur création. J’ai tellement de souvenir de chacune d’elle que j’ai l’impression de pouvoir écrire un article pour chacune mais aucun ne rendrait vraiment hommage au génie qui s’échappe de toutes ses histoires. Cependant, parmi celles m’ayant marquées, je peux citer ‘l’Homme bicentenaire’ qui raconte la volonté d’un robot de vouloir ressembler à ses créateurs le plus possible à travers entre autre son apparence ; et ‘Menteur !’ où la plus célèbre robopsychologiste Susan Calvin se retrouve avec une erreur de conception qui permet à un robot de lire dans ses pensées.

La Gloire de Trantor La suite de ses histoires concernant des robots passe aussi par des romans qui vont permettre à Asimov d’avancer loin dans temps et de poser les bases de l’Empire Galactique en plusieurs étapes. Tout d’abord, une première vague de colonisations spatiales est organisée, elle va se baser complètement sur les robots et la quasi-suppression des contacts entre humains. Ces planètes sont très peu peuplées et leurs habitants, appelés spatiens, si avancés technologiquement vont adopter un fonctionnement très différents de leur cousins terriens… Ce qui va grandement les opposer les uns aux autres puisque la Terre croule sous sa population et a choisi d’abandonner les robots à cause d’un profond dégoût, le même que je ressens envers Activision ces derniers temps (relecture : mon dieu, c’est quoi cette comparaison…). Tout en nous décrivant les particularités de chaque branche de l’Humanité ainsi divisée, Asimov va nous emmener dans des enquêtes policières d’abord sur Terre avec « les Cavernes d’Acier » où deux de ses principaux personnages vont se rencontrer : Elijah Bailey, inspecteur terrien et R. Daneel Olivaw, androïde construit depuis les premières colonies. Ensemble, ils auront à élucider le meurtre d’un spatien et, évidemment, un terrien est accusé ! La terreur gronde, la frayeur monte et le crime doit être vite résolu afin d’éviter une crise de grande ampleur. Le roman suivant « Face aux feux du soleil » remet en scène ces personnages mais sur Solaria, une des planètes colonisées où un autre assassinat a été commis alors que ce monde est l’un de ceux où les contacts physiques sont les plus rejetés. Il paraît que le film I, Robot est inspiré de ces quelques histoires, je ne vois pas trop comment l’envisager tellement associer ce film à Asimov me paraît insultant pour l’auteur… Ces romans et leurs suites vont permettre à Asimov de créer son Empire grâce à une seconde colonisation spatiale des terriens qui veulent fuir la surpopulation de leur planète. On retrouvera les personnages qui deviennent très vite familiers et même chers à nos yeux, et parfois leurs descendants à travers plusieurs autres romans.

Fontation T.1 La deuxième série majeure d’Asimov est celle des Fondations que j’ai lu en premier mais ce n’est pas une très bonne idée, des événements demandent d’avoir lu les Robots pour être pleinement compris, surtout dans les derniers romans. L’Empire Galactique est maintenant établi sur une quantité astronomique de mondes à travers la galaxie, à tel point qu’on se demande comment une si grande entité peut garder un semblant de cohérence. Et forcément, si je dis ça, c’est que tout ne va pas être si rose. L’émergence d’une nouvelle discipline mathématique appelée la psychohistoire va permettre de prédire le comportement de groupes sociaux de taille importante. Hari Seldon, son inventeur, va vite comprendre que l’Empire vit ses dernières années de tranquillité avant de sombrer dans une très longue période de barbarie qui peut être réduite à quelques centaines d’années en influant le cours de l’Histoire à venir. Les premiers tomes sont surtout composés de nouvelles marquant chaque étape qui suit l’écroulement de l’Empire et l’apparition de l’entité censée lui succéder. Dire que j’ai été bluffé par la narration de ces nouvelles seraient un doux euphémisme tellement je me suis retrouvé passionner et directement convaincu du style rapide de l’auteur qui présentent les crises et leurs résolution que cette société va subir. Ce style évolue dans les tomes suivant pour laisser la place à des romans plus posés mais tout aussi passionnants, dont l’intrigue va être, de fait, plus fournie. En dire plus sur cette partie de l’histoire me gène car il y a tellement de retournements de situation et de trouvailles à faire une fois le livre en main (et aussi parce que c’est loin, un peu trop loin), je vous laisse les découvrir.

Fondation en Péril

Je voulais juste préciser que Asimov a écrit deux romans formant une préquelle à ce cycle : « Prélude à Fondation » et « L’Aube de Fondation ». Pour le coup, ces livres peuvent être lus après les autres, tout du moins après les premiers tomes, cela permet de savoir vers quoi se dirige Hari Seldon exactement. Et j’en viens aux romans qui m’a fait écrire ce long pavé (qui mériterait d’être étoffé) : après sa mort, d’autres auteurs ont écrit des histoires dans l’univers du Maître, j’ai lu « Fondation en péril » de Gregory Benford qui imagine des éléments qui ont permis au Professeur Seldon de concevoir certains aspects de sa science, ce thème est d’ailleurs déjà abordé dans « Prélude à Fondation ». Autant être clair : je n’ai pas beaucoup aimé cette première tentative dans les pas de Asimov d’un autre auteur que je ne connais pas. Le style est beaucoup moins clair, beaucoup plus lourd à lire dans l’ensemble, il contraste avec les écrits sur lesquels il se base sur de nombreux points. Je n’ai pas du tout été convaincu par cette échappée, c’est sans doute pourquoi la lecture d’une autre incursion : « Fondation et Chaos », de Greg Bear cette fois, dans les terres galactiques ne me faisaient pas très envie. J’ai bien repoussé sa lecture le plus looongtemps possible mais ma pile « à lire » s’amenuisant, je me suis laissé tenté. Laissez-moi le temps de le finir et de formuler un avis dessus, indice à la maison : « mmmh yami ! »

Et si je vous ai convaincus de tenter l’aventure Asimov, je me permets de vous conseiller les Grand Livre des Robots aux éditions Omnibus. Chaque tome réuni, sur quelques mille pages par tome, de nombreuses nouvelles et romans des Robots pour le prix d’un livre grand format et une taille entre ces derniers et les livres de poche, pas trop gros donc et raisonnablement lourd grâce à un papier assez fin et plutôt agréable (en tout cas pour moi, il risque de déchirer si on y fait pas assez attention). Je ne crois pas qu’il existe ce genre d’ouvrage pour les Fondations mais les tomes de chez Folio restent très classiques. Bonnes lectures !

Tags : , , , , ,

7 réponses à “Asimov et Cie.”

  1. #1

    Le Mamelouk dit :

    Tu as été couillu sur ce coup là, pour t’attaquer à un Dieu pareil.
    On est forcé d’aimer la SF après avoir lu l’un de ses bouquins, il est juste surpuissant.
    Je n’en reviens toujours pas du peu de temps que j’ai mis à lire le Grand Livre des Robots, malgré son millier de pages de papier à cigarette comme tu l’as bien fait remarquer. (Réaction de ma mère à la vue du pavé : « C’est quoi ce truc ? » « C’est la Bible, m’man. »)
    Ses cycles sont géniaux (Prix Hugo de la meilleure série de tous les temps pour le cycle de Fondation, rien que ça), mais ses autres romans ne sont pas en reste (Destination cerveau, Les Dieux eux-mêmes, Némesis), c’est du pur bonheur. C’est tellement fluide et agréable qu’il nous captive même lorsque qu’il raconte sa vie !
    Comment ne pas penser que le voyage supraluminique soit possible après avoir lu ses explications ? Il donne l’impression que tout est simple, le lire me fait aimer la physique comme jamais.
    J’arrête là parce que j’ai peur de ne plus pouvoir.

    Ah, et puis : Daneeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeel !

    Pour ce qui est des livres par d’autres auteurs, j’avais vu un recueil de nouvelles de plusieurs auteurs connus, Le Fils de Fondation, je pensais l’acheter bientôt, on verra bien ce que ça va donner.

    PS : lol @ Activision

  2. #2

    BuzzerMan dit :

    Mais t’en as combien de Dieux toi ?
    C’est clair que c’est qu’un résumé très très (trop) rapide de toute l’œuvre de ce Grand Homme ! Mais je voulais parler du fameux « Fondation en Péril », et c’était soit « Bon vous avez tout lu Asimov ou presque ? J’ai quelque chose pour vous, sinon circulez !  » ; soit en parler un peu avant de rentrer dans le détail de ce roman.
    Et oui, tu as mille fois raison, ses romans individuels sont à la hauteur du reste de son parcours d’écrivain ! Mais j’en ai pas lu tant que ça, et apparemment t’en as que j’ai pas ;)…
    J’ai lu quelque part qu’il avait aussi écrit de « vrai » policier, pas trop teinté SF ça me tenterait bien aussi !

  3. #3

    Le Mamelouk dit :

    >Mais t’en as combien de Dieux toi ?

    J’en ai 3.

    Pour les bouquins que t’as pas, ça peut s’arranger 🙂
    Il a écrit trop de trucs, j’ai pas le temps de tout faire, rhaaaa !

  4. #4

    Théorie du Chaos ? | Entrequote charolaise dit :

    […] vous ai mis l’eau à la bouche et la prose au menton avec mon court (si si !) article sur Issac Asimov ? Vous avez lu à peu près tout le cycle des Robots et celui des Fondations ? En si peu de temps, […]

  5. #5

    Le Mamelouk dit :

    Pffiuuuuu, j’ai enfin fini ‘Fondation en péril’, et il était temps que ça s’arrête.
    Comme tu l’as bien dit, c’est très lourd, trop lourd. À des lieues de ce que peut faire Asimov.
    Le styles est tout sauf fluide, et je ne parle pas du délire sous acide avec les simus dans le réseau (un mélange de Matrix, Ghost in the Shell, Serial Experiments Lain…), ça doit être trop abstrait/compliqué pour moi.
    J’ai trouvé que la personnalité de Seldon n’était pas super bien vu (de par ses actes et paroles), ça m’a laissé une impression bizarre.
    Et le choix des « personnalités » pour les simus, n’importe quoi, je vois ça comme un gros délire de l’auteur, surtout quand il commence à les montrer comme pervers et nymphomane, alors qu’ils sont réduits à être des « égos » dématérialisés et ayant accès à des connaissances quasi infinies…

    « Il se rendit compte qu’il avait la bouche pleine de tétons tout chauds, ce qui l’empêchait de parler. » LOL

    Donc pas terrible au final, ça donne pas très envie de lire les autres œuvres de Monsieur.

  6. #6

    BuzzerMan dit :

    Je me dis qu’il faut quand même lui laisser une seconde chance. Peut-être que dans une histoire qui se passe dans un de « ses » mondes ce sera meilleur…

    J’espère que t’apprécieras plus le second, sinon on pourra dire que ça fait looongtemps que je ne t’aurais pas passé un bouquin qui te plaît…
    En tout cas, je l’ai trouvé meilleur, moins tourné autour de Seldon. Et les simus y ont (heureusement) une place beaucoup moins importante, mais il faut passer par celui-ci pour comprendre un peu d’où ils sortent.

  7. #7

    Le Retour des Ténèbres | Entrequote charolaise dit :

    […] lecteurs assidus de ce blog le savent : pour Mamelouk et moi, Asimov c’est notre grande passion ! Et comme la bibliographie du ‘sieur est plus que conséquente, il est facile d’y […]

Un commentaire ?