Esprit, es-tu las ?

Par Le Mamelouk
Affiche du flim qui n'est pas sur le cyclimse

Afin de vous parler du film The Spirit, j’avais d’abord pensé à un titre avec du White Spirit dedans, mais pensant que cela allait plutôt diluer l’atmosphère qu’autre chose, j’ai préféré faire preuve d’un peu plus d’esprit. Du moins j’ose le penser.

The Spirit, sorti en salle en 2008, en DVD récemment, a été réalisé par Frank Miller, l’homme à qui l’on doit le grand Sin City. Oui, parce que Sin City, c’était cool. Avais-je été convaincu par l’aspect visuel du film, ses acteurs, le fait qu’il soit co-réalisé par Robert Rodriguez et Quentin Tarantino ? Sûrement un peu de tout ça.
Sauf que cette fois, Frank Miller est seul au bar à la barre, et qu’il adapte une BD qui n’est pas de lui, mais d’un certain Will Eisner. Le résultat est-il à la hauteur de mes attentes ? J’ai envie de dire « aha, ahahaha ».

Je ne vais pas mettre trop de screenshots pour éviter le spoil

Un point sur le topo : Denny Colt (avec un nom pareil on commence mal) est un flic de Central City. Enfin, était, puisqu’il est mort et a ressuscité pour devenir par la suite le super-héros de la ville, The Spirit ! Super-héros parce qu’il guérit super-vite mais ne sait super-pas pourquoi. Rajoutez à cela un méchant qui se fait appelé Octopus et puis plein d’autres gonzesses. J’ai déjà écrit ça quelque part, non ?
Et le pire, c’est que je caricature à peine, et ça m’en fait, de la peine. J’espère que la BD originale est bien meilleure que ça, ce qui doit être vrai puisqu’elle est considérée comme « un classique de la bande dessinée ». D’après Wikipédia, cela dit.

Par où commencer ma critique acerbe ou croate ?

De toute façon, à part des screens de femmes...

J’ai envie de faire l’impasse sur le scénar, qui de toute façon ne casse pas 3 pâtes à une assiette de Tortiglioni Barilla® (je cite le nom, des fois qu’ils m’en enverraient une boîte). Ça flaire le bon n’importe quoi saupoudré d’un peu de déjà vu.

Malgré cela, The Spirit aurait pu être un film d’action moyen, remplissant son rôle de divertissement comme un grand. Sauf qu’en plus d’une histoire pas très recherchée, celle-ci se voit complètement plombée par un humour de merde, je ne vois pas d’autre mot pour le qualifier. ‘Potache’ peut-être. J’ai dû rire deux fois en tout et pour tout pendant ce film. Dont une lorsque une antenne de télé se détache d’un toit. Véridique. Un moment d’égarement sans doute, quoi que ça pourrait tout aussi bien être mes nerfs sur le point de lâcher.
Et c’est sans compter sur les répliques que je qualifierais de ‘répliques tombola’ (j’explique à la fin de l’article pour vous forcer à tout lire, ha ha ! Non, vous ne scrollerez pas !). On sent à cent mètres les répliques écrites pour être percutantes et faire classe. Je suis sûr que vous connaissez ce genre de chose, vous l’avez certainement déjà rencontré. Le style phrase recherchée pour vous en mettre plein la vue ou faire passer les personnages pour plus cool qu’ils ne le sont.
Un exemple : si je vous dis « Il fait froid ici, ou ça vient de moi ? », vous me dites ? Demolition Man, bravo ! Un grand moment de cinéma.
Parfois ça marche. Là, PAS DU TOUT. Parce qu’elles sont omniprésentes, quasiment TOUS les dialogues y ont droit, c’est gerbant.

Je n'ai pas vu de scènes particulièrement choquantes dans ce film.

Intéressons-nous à l’aspect visuel maintenant. Le visionnage de la bande annonce m’avait donné vachement envie d’aller voir ce film, surtout grâce à son ambiance style Sin City, c’est à dire avec une majorité de noir & blanc et quelques touches de couleurs.
Quelle déception ce fut de 20 litres. Et pourtant, le film est sombre, jouant assez habilement entre le noir, le blanc et le rouge. Sauf que là où Sin City faisait très fort avec seulement quelques éléments en couleur, nous avons ici affaire à des ajouts façon ‘dessin animé’ que j’ai trouvé du plus mauvais effet. Comme la cravate rouge flottant au vent, ou les silhouettes noires, qui font vraiment trop artificiels à mon goût.

Mais le visuel, c’est une chose, et le jeu des acteurs peut très bien sauver les meubles ! Hien ? Non ?

Ça reste toujours très gentillet.

Parlons du Spirit, tiens. C’est ce que j’appellerais un justicier en mousse. Une cape, un masque de Zorro, une cravate rouge, et en avant pour libérer la ville de tous ses affreux bandits ! Pas une once de charisme ne se dégage de l’acteur que je ne nommerai pas par pure flemme. De la ville non plus, si tant est qu’on puisse parler de charisme pour une ville. Central City m’a fait l’effet d’une ville de bouseux, alors que mince ! c’est aussi la ville de Flash ! Et ça me fait toujours bien rire, le coup du super-héros qui cache un dixième de son visage avec un masque de deux centimètres sur quatre et hop ! magiiiie, même ses proches ne le reconnaissent plus ! Je suis sûr qu’il existe un Trope pour ça.
Enfin bref, tout ça pour dire que même Spider-Man a plus la classe avec son costume moule burnes.

J’enchaîne sur le méchant interprété par Samuel L. Jackson, le dénommé Octopus. J’aime bien Samuel L. Jackson. Après avoir vu Pulp Fiction, on ne peut qu’aimer Samuel L. Jackson. Mais pas là. Affublé d’un maquillage digne d’un emo et d’un style vestimentaire plus que douteux, il ne parvient pas à rehausser le niveau particulièrement bas de son personnage. Un vrai cliché, le mec très méchant qui tue pour se destresser, entouré d’hommes de main débiles à souhait, et n’ayant d’autre but que de devenir immortel, rien que ça.

Sentant qu’il n’arriverait pas à grand chose avec ça (pure invention de ma part), Franky a eu L’idée : tout miser sur les femmes ! Ça fait vendre ça, les femmes ! Il faut croire que oui, personnellement j’ai eu très envie de découvrir ce film en voyant ces très belles affiches :

Sarah Paulson Eva Mendes
Jaime King Scarlett Johansson

Alors ici on va mettre Eva Mendes à poil, et là elle va s’asseoir sur la photoco-pastrès-pieuse et en sortir une magnifique image de son derrière.

Encore une fois je n’exagère pas. Mais ce n’est pas pour autant un reproche, et heureusement que ces charmantes demoiselles sont là pour nous persuader de regarder jusqu’au bout.

Sarah Paulson, avec ses superbes yeux foncés. Stana Katic, la très jolie recrue des forces de police. Eva Mendes parce que. (honorée par le tag « Sex Symbol » sur Allociné, hu hu…)

Scarlett Johansson est véritablement mon coup de cœur dans ce film, méconnaissable avec son couvre-chef, ses lunettes et son rouge à lèvres. Bras droit d’Octopus, elle dégage une aura classieuse de par son attitude nonchalante et désintéressée, tout en faisant preuve de vivacité et d’intelligence, affichant un caractère sévère appuyé par le côté strict de ses tenues vestimentaires. Ce personnage n’est pas parfait, mais il est certainement l’un des plus intéressant à suivre.

Par contre, je me demande toujours qui est cette femme qui apparait quand The Spirit tombe dans les vapes ou est proche de la mort. Aucune explication, rien. Juste une fille de plus, une valeur ajoutée — maladroitement. Mouais.

Ah, j’allais oublier la femme ‘française’ jouée par Paz Vega, une espagnole (normal quoi), répondant au nom de… Plâtre de Paris. Là je crois qu’on touche le fond. Surtout que la scène où elle apparait est assez bidon. Non, tout bien réfléchi, elle s’accorde très bien avec le reste du film.
Plâtre de paris… on aura tout vu.

Même pas une blague sur les handicapés, rien.

Au final The Spirit est un film assez mauvais, et avec des acteurs pareils, ou plutôt des actrices pareilles, c’est un beau gâchis. J’irais presque jusqu’à le comparer à Speed Racer ; un film qui se regarde en mettant son cerveau de côté, qui divertit et c’est ce qu’on lui demande, MAIS qui est complètement pourri par les interventions du gamin et de son singe qui cassent l’ambiance avec des blagues qui ne feraient même pas rire un enfant de 10 ans. The Spirit, c’est pareil, ça aurait pu rester un pur film d’entertainment à la Spider-Man, si seulement l’humour et les dialogues n’avaient pas été aussi ras des pâquerettes.

Le comparer à Speed Racer, j’y vais un peu fort quand même, Frank Miller ne mérite pas ça.

Alors bien sûr, ne connaissant pas la BD originale (qui date des années 50 quand même), je passe peut-être à côté de nombreuses références et autres clins d’œil. Sauf que quelques explications en plus n’auraient pas été Super Flu (le super-héros qui combat H1N1 !), parce qu’il reste des tas de zones d’ombre, dont cette espèce d’ange de la mort par exemple, très charmante au demeurant.
Cependant, même si ce film ne s’adressait qu’aux fans purs et durs, ce n’est pas une raison pour leur fournir de la merde. Étant moi-même un gros fanboy, ce n’est pas pour autant que j’accepte n’importe quoi les bras (et surtout le portefeuille) grand ouverts.

Vraiment, ils auraient pu prendre plus de risques quand même.

Pour la petite explication : pour moi, un réplique tombola est une réplique qui tombe à l’eau.
Tudum tshhhh.
Vous pouvez à présent éteindre votre ordinateur et reprendre une activité presque normale.

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2 réponses à “Esprit, es-tu las ?”

  1. #1

    alliocha dit :

    Juste pour dire: +1.
    Déçu par ce film, l’histoire est vraiment nanardesque (néologisme powaa), l’humour pas drôle et les personnages ont le charisme d’une huitre perlière neurasthénique. Et vive instantrimshot.

  2. #2

    Mia et le Migou | Entrequote charolaise dit :

    […] bon petit film d’animation (français de surcroît) pour oublier l’échec de The Spirit. Je n’avais malheureusement pas pu aller voir Mia et le Migou au cinéma, malgré la très […]

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