Théorie du Chaos ?

Par BuzzerMan
Foundation and Chaos

Je vous ai mis l’eau à la bouche et la prose au menton avec mon court (si si !) article sur Issac Asimov ? Vous avez lu à peu près tout le cycle des Robots et celui des Fondations ? En si peu de temps, chapeau ! Bien, je peux donc vous parler de ma lecture du moment : Fondation et Chaos de Greg Bear.

Le premier tome de cette série  « Après Asimov » ou « Second Cycle de Fondation », Fondation en Péril, ne m’a pas particulièrement plu. Que ce soit à travers son histoire ou le style de Gregory Benford, je l’ai trouvé assez éloigné des romans du Maître. Attention, il n’est pas mauvais pour autant (et j’essayerai un autre livre de cet auteur pour me faire une idée plus précise de son écriture) mais assez éloigné de mes attentes post-Asimov. Si je précise ceci à nouveau, c’est parce que j’ai beaucoup plus adhéré à Fondation et Chaos. Peut-être suis-je moins imprégné des écrits fondateurs maintenant, peut-être la prose de Bear en est-elle plus proche ? Sûrement un peu des deux puisque Bear est arrivé à m’emmener plus loin que son compatriote.

L’histoire tout d’abord nous prend par la main pour nous présenter tous ces protagonistes. La valse des Empereurs a continué, Agis XIV a été exilé et le jeune Klayus Ier a pris sa place pour une période indéterminée mais résolument courte. Et il a bien l’intention d’en profiter ! Farad Sinter, un de ses conseillers, l’aide dans cette tâche en lui fournissant de nombreuses partenaires. Il essaye aussi de lui dicter une conduite à suivre qui éloignerait Linge Chen, responsable de la Commission de Sécurité Publique, du pouvoir absolu et ferait pencher la balance en sa faveur. Voilà pour les hautes sphères de l’Empire, il y a déjà du monde mais ce n’est pas fini. On suit aussi une jeune femme issue du secteur le plus perturbé de Trantor qui présente des capacités de mentaliste hors du commun, elle est poursuivi par Vara Liso, une autre mentat vilain mais plus puissante, pour le compte de Sinter dont les motivations sont obscures.
Et puis, il y a Lodovik Trema qui survit miraculeusement à un orage neutronique à la suite d’une mauvaise navigation spatiale, et l’on ne se demande pas vraiment pourquoi, indice : ça commence par un R et ça fini par un T. Enfin, on retrouve Hari Seldon qui compte toujours mettre en place son plan visant à épargner à l’humanité une longue période de chaos grâce à la création des Fondations. Tout ce petit monde gravite autour de Trantor qui sombre de plus en plus dans la ruine, les signes de l’effondrement de la civilisation sont de plus en plus visibles, chacun des panneaux en panne remplaçant le ciel de la capitale impériale n’en est qu’un des plus évidents.

Fondation et Chaos Oui dit comme ça, c’est un peu lourd, il y a du monde à suivre mais Bear s’en sort bien mieux que moi. Le roman est découpé en chapitre assez court (une petit centaine pour 400 pages), et l’on passe d’un personnage à l’autre facilement, je n’ai été que très peu perdu en essayant de me demander qui était un-tel et ce qu’il était en train de faire. Un bon point pour la clarté ! Au-delà de cette considération de forme, j’ai trouvé l’auteur agréable à lire, c’est assez subjectif et difficile à étayer mais les lignes défilent et quand la fatigue ne me prend pas trop vite (je lis principalement le soir tard), je pars assez loin dans son univers.
Et je dis bien « son univers » parce qu’à travers ce roman et Fondation en Péril, les deux auteurs ont ajouté des éléments qui prennent quelques libertés par rapport à l’œvre du Maître. Par exemple, le voyage supra-luminique a été remplacé par un système de trou de vers qui est, je crois, plus représentatif des découvertes récentes ; des ordinateurs plus élaborés font aussi leur apparition mais ça reste des détails. Par contre pour creuser son histoire, Bear imagine aussi tout une intrigue autour des robots plutôt délicate mais qui, à mon humble avis, ne serait pas reniée par Asimov. On retrouve aussi les esprit-mèmes (non pas ceux), des espèces de programmes IA infiltrants les réseaux de Trantor, que Benford a introduit dans son roman, dans le but d’aider Seldon, j’aime moins…

Pour résumer, ce livre s’adresse de toute évidence à ceux qui ont lu et apprécié Asimov, ça ne représente pas forcément beaucoup de monde mais pour ceux-ci, il est une agréable ouverture sur un auteur qui poursuit l’histoire de l’Empire Galactique vers sa chute et ose même des petits changements plutôt agréable. Il n’atteint, à mon sens, pas le niveau de son modèle mais il n’en est pas loin et cela reste un lecture très agréable !

Ah, et un petit mot sur la couverture de l’édition Pocket : en soit, la peinture de Wojtek Siudmak est plutôt jolie, elle me fait penser pêle-mêle à la régularité, à Big Ben, à l’ordre de planètes curieusement alignées… A beaucoup de chose sauf aux Fondations, et encore moins au Chaos, quel choix étrange… Peut-être que ça vous parle mieux à vous, cher lecteur ? Ok vous êtes trois, mais faites un effort, bon sang !

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