Mia et le Migou

Par Le Mamelouk
Affiche du film

Rien de tel qu’un bon petit film d’animation (français de surcroît) pour oublier l’échec de The Spirit. Je n’avais malheureusement pas pu aller voir Mia et le Migou au cinéma, malgré la très bonne impression que m’avait laissé la bande-annonce (j’aime bien voir les b-a au ciné, je suis un peu déçu quand le film commence tout de suite…). Et je finirais cette intro sans blague avec M&M’s dedans, parce que j’essaie d’arrêter. Pas les M&M’s, les jeux de mots pourris.

Mia et le Migou, sorti en 2008, est signé Jacques-Rémy Girerd, réalisateur de La Prophétie des grenouilles (entre autres).

Les tantines

Mia, une petite fille de 10 ans, décide de quitter son village sur un pressentiment afin d’aller retrouver son père, qui travaille sur un chantier éloigné. Les travaux, visant à construire un complexe hôtelier de luxe au milieu de la forêt tropicale, sont interrompus par un mystérieux « monstre » se terrant dans la forêt, qui provoque des dégâts sur le chantier et fait fuir la plupart des ouvriers. Pour rejoindre son père, Mia va devoir traverser les montagnes et les forêts peuplées de créatures mystérieuses…

Le visionnage de la bande-annonce m’avait donné très envie, de par la qualité de la réalisation et de la bande son qui s’en dégageait (faut dire, c’est toujours mieux au cinéma). Mon impression était-elle en accord avec le résultat ? Oui, trois fois oui.

C'est zouli

Côté réalisation et animation d’abord, c’est du très bon travail. C’est beau, coloré, les environnements sont pleins de vie, de même que les personnages que nous rencontrons au fil des aventures de Mia. Des travailleurs aux vieilles tantines chargées de s’occuper de Mia, tous ont leurs propres personnalités et expressions qui paraissent véritables, sans compter leur voix, mais j’y reviendrai.
L’animation faite main fait des merveilles, et les quelques éléments en 3D ne tranchent pas trop et s’intègrent bien au reste, même les plus visibles (les véhicules principalement).

Mia l'aventurière

Un autre point fort de ce film réside dans ses personnages, et le doublage de ceux-ci. Un casting assez impressionnant a été rassemblé pour les circonstances : Pierre Richard, Jean-Pierre Coffe, Yolande Moreau, Miou-Miou, Dany Boon, Laurent Gamelon…
Toutes ces acteurs rendent leur personnage criant de vérité. Coffe qui double un travailleur qui n’a pas sa langue dans sa poche est superbe ; Yolande Moreau donne vie aux tantines et la vieille sorcière ; Pierre Richard est touchant dans le rôle de Pedro, le père de Mia. J’ai d’abord eu un peu peur en voyant le nom de Dany Boon au début du film, sans doute à cause des ch’tis et tout ça (son nom est désormais associé à ce film — qui d’après moi ne mérite pas tout ce tapage — au point d’en oublier ce qu’il a pu faire avant…). Et pourtant, quelle agréable surprise que ce Migou et sa façon de parler qui m’ont offert des bonnes tranches de rire.

Mais qu'est-ce donc que le Migou ?
Mais outre ces acteurs connus, il ne faut pas oublier les p’tis jeunes qui font les voix de Mia et Aldrin (le fils de l’entrepreneur du même âge que Mia), Garance Lagraa et Charlie Girerd respectivement, qui nous offrent une interprétation remarquable. Ça peut choquer, surtout quand on est habitué à des films comme Harry Potter où les acteurs jouent aussi bien que moi de la clarinette avec les pieds, avec des voix françaises qui finissent d’achever le tout. Mia a une très jolie voix, pour une fillette très douce mais qui a du caractère et une détermination à toute épreuve. C’est un véritable plaisir de suivre cet enfant innocent et très attachant, qui croisera la route de personnes avides de pouvoir et d’argent.
C’est dommage que seuls les films d’animation bénéficient de doublages de qualité, on aimerait bien retrouver ça dans les animes, qui y gagneraient en qualité, visibilité, et en reconnaissance, surtout. Alors oui, bien sûr, les budgets ne sont pas DU TOUT les mêmes, c’est complètement différent, mais je ne peux m’empêcher d’y penser à chaque fois. Fin de la parenthèse.

Un drôle d'arbre

Comme beaucoup de films et autres œuvres actuelles, Mia et le Migou a une visée écologique non-dissimulée : la destruction de la forêt et de paysages magnifiques pour la construction de résidences de luxe par le capitalisme, la nature qui protège la planète entière etc. Certains pourraient en faire une overdose, mais personnellement ça ne me dérange pas, ces thèmes étant bien ancrés dans notre réalité, et il est important de s’y intéresser.

Aldrin (prononcez Aldrine)

Je ne peux m’empêcher de comparer ce film à Ponyo sur la falaise, de Miyazaki : film entièrement réalisé à la main, destiné principalement aux enfants, à tendance écolo. Il n’a cependant rien à lui envier, et je vous conseille vivement les 2, que vous soyez petit (!) ou grand.
Ce sont des films frais, très drôles, à regarder avec son âme d’enfant bien entendu (je me souviens avoir garder un sourire jusqu’aux oreilles pendant un petit moment en sortant du cinéma après Ponyo, surtout après le générique).

Ce film m’a aussi rappelé d’une certaine façon Les Triplettes de Belleville, avec son côté original et son animation qui change des traditionnels Pixar ou autres Disney. Et aussi par la BO écrite par -M-, et notamment la chanson éponyme. Pour Mia et le Migou, pas de Matthieu Chedid, mais deux chansons interprétées par Olivia Ruiz et Mickaël Furnon de Mickey 3D que l’on pourra entendre au générique. Si celle d’Olivia est sympathique et enjouée (‘La pluie’), j’ai en revanche moins apprécié la deuxième (‘Arrêtons tous les blablas’), trop simpliste, voire mollassonne. Il est à noté que les paroles de ces chansons sont du réalisateur lui-même, Jacques-Rémy Girerd.

Mention spéciale pour le « Tous les dessins du film ont été réalisés sur papier Canson » dans le générique. Un peu de pub pour une entreprise française, ça ne fait pas de mal.

Hello, World

Mia et le Migou est donc un film d’animation original (et français !) pour les petits comme pour les grands, qui vous fera passer un agréable moment, à défaut de changer votre vision du monde de façon catégorique. Pour vous donner une idée, vous pouvez allez voir cette courte bande-annonce, qui vous en dévoilera moins que la deuxième disponible (sauf si c’est votre choix d’en voir plus, bien entendu). Regardez bien jusqu’au bout pour apprécier la dernière réplique de Yolande Moreau qui est superbe.

Kessessé ?

Site officiel du film (avec des makings of et des interviews)

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4 réponses à “Mia et le Migou”

  1. #1

    BuzzerMan dit :

    Faut savoir quand même que Canson délocalise et licencie à tout va en ce moment. On en parle pas aux info parce qu’il y a d’autres entreprises plus touchées mais les sites d’Annonay ne sont pas restes !

    A part ce détail, ton article me donne très envie de voir ce film qui semble sympa tout plein. On m’a soufflé l’idée tout à l’heure mais ça ressemble pas un peu aussi à Princess Mononoke, peut-être beaucoup moins guerrier mais au moins sur le thème ?
    Et un petit zeste de Flower par dessus tout ça ?

  2. #2

    Le Mamelouk dit :

    C’est dans l’idée.

    Save the cheerlea… the tree, save the world.

    Pour Canson, euh… sans commentaire.

  3. #3

    cuchulainn dit :

    Pour reprendre l’histoire de Canson: l’usine a coulé de puis quelques mois déjà, mais je ne sais même pas si il reste quelque chose d’Européen à Canson, ca n’a pas été revendu?

  4. #4

    BuzzerMan dit :

    Tu me mets le doute… Enfin, c’est peut-être pas le sujet de l’article.

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