Merlin l’enfanteur

Par BuzzerMan

Couverture Non, ce n’est pas une faute de frappe ou l’apparition d’un cheveux sur mes doigts (j’ai déjà un bon poil dans la main) qui me fait altérer le titre du dessin animé de Walt Disney, mais c’est pour introduire une série tournant autour de la descendance de l’autre célèbre magicien (l’autre ? Qui est le premier ?), bien souvent tourné en ridicule !

Quelle curieuse idée a pris Irene Radford à imaginer que le vieux magicien pouvait avoir des enfants ? Je ne sais pas, mais cela lui permet de retracer une partie de l’histoire de l’Angleterre en incorporant un peu de fantasy aux faits supposés historiques. Le premier tome suit Arylwren, la fille même de Merlin, qui va être témoin de l’ascension du roi Arthur puisque ce sera un de ses amis d’enfance. Si j’ai bien compris, il se déroule après la chute de l’Empire Romain d’Occident et il est très marqué par la culture celte (plus d’infos sur Arthur chez Gemini). Le seconde se déroule quelques générations plus tard sous le règne de « Jean « Sans terre », celui là même qui a l’air d’un idiot dans un autre film de Disney, je vous le donne cher Emile : Robin des Bois ! A cette époque, Resmiranda, la descendante de Merlin, va parcourir l’île britannique alors que la religion catholique prend de plus en plus d’importance par rapport aux croyances celtes. Le dernier tome de cette série (qui en compte 5 apparemment) nous amène encore plus loin dans l’Histoire puisqu’il se déroule entre 1558 et 1565, après la mort de Henry VIII qui a inspiré le conte « Barbe bleue » mais qui est surtout à l’origine de l’essor des protestants outre-Manche (je suis pas historien, il se peut que vous veniez de lire une grosse bêtise !). C’est sur dernier tome que porte cet article et même si j’ai plus apprécié la lecture des deux premiers, ils partagent certains de ses défauts et, à part quelques éléments sans grandes importances, je pense qu’ils peuvent être lu indépendamment les uns des autres.

Avant de commencer, l’auteur nous informe que son roman n’a pas vraiment vocation historique même si de nombreuses têtes couronnées y interviennent. Ensuite, j’ai pris un peu peur : on se retrouve face à une liste de personnage qui s’étale sur 7 pages en précisant ceux ayant réellement existé. Boooon, tant pis, on verra en cours de lecture… Grand bien m’en a pris, chaque personnage, même historique, est largement présenté au cours de l’histoire. Il m’est quand même arrivé de me perdre entre Marie Tudor, Reine d’Angleterre et Marie Stuart, Reine d’Ecosse ; à mon avis, l’une des deux, s’appelle Mary et l’autre Marie en VO, ça doit aider…

J’en oublie l’essentielle, l’histoire : Griffin est le descendant du clan Kirkenwood, une longue lignée toujours proche de la couronne en tant que Pendragon de Grande Bretagne et maîtrisant les arts occultes. Seulement, après avoir eu une vision, le jeune homme se désintéresse de ce glorieux destin, rejoint la religion catholique et s’enfuit du château pour la France où il devient prêtre. Tout cela, au grand dam de son frère jumeaux qui n’a pas son don pour la magie et à qui l’on confie le domaine familial. Tout irait à peu près bien si un démon n’avait pas pris possession d’une ravissante jeune femme et n’était en train de rôder dans toute l’Europe pour la réduire à feu et à sang afin d’accroître son pouvoir pour se libérer bla bla bla… S’en suivent des manipulations auprès des souverains de l’époque, des guerres de religions, des querelles pour savoir qui va se marier avec qui, j’en passe et des pires.

J’y vais un peu fort, tout n’est pas si négatif dans cette histoire, j’en ai apprécié une bonne partie mais le rythme a eu raison de ma patience. Qu’est-ce que ça traîne en longueur pour ne rien raconter ! Même si l’ensemble se lit très bien, certains passage sont looongs et ne sont que tout juste propices à décrire la vie de l’époque. Cas d’école : Griffin se demande s’il fait bien de rester avec Machin parce que c’est une catholique gningningnin, il dit servir son Église mais ne sert que ses propres intérêts gningningnin alors il se pose des questions… Oh la la mais bouge-toi ! Et d’un seul coup, passé les 700 pages, pouf ! La fin du livre approche, grosse baston et tout se termine, heureusement, pas si bien que ça.
Défaut suivant : qu’est-ce que c’est pas clair ! Exemple : quand ce bon prêtre échoue dans une communauté de repentis spécialisés dans le soufflage de verre, l’auteur nous décrit les techniques employés à l’époque. Malheureusement, c’est tellement confus que je n’en ai rien retiré, quel dommage… De même que les scènes de batailles ou d’utilisation de la magie, brouillonnes à souhait.
Enfin, que dire aussi du style, manquant vraiment de panache, ou du pseudo-message religieux final qui me paraît un peu puant, un peu américain…

Vous l’aurez compris, je ne vous conseillerais pas vraiment ce livre à moins de vouloir un peu connaître l’Histoire des Rois et Reines de l’époque. Il y a quand même certains points que j’ai apprécié, comme la relation entre Griffin et son chien, amplifié par un lien magique, me fait regarder parfois ces bêtes puantes d’un autre œil. Cependant, les premiers tomes, où ce point est plus marqué, m’ont beaucoup plus intéressé, surtout le premier qui est moins basé sur l’Histoire et plus féerique, penchez-vous plutôt sur celui-ci.
Mais après avoir lu les première pages de La Horde de Contrevent, je peux déjà vous affirmer que mon avis devrait rejoindre celui de mon cher cobloggeur et que vous feriez mieux de vous tourner vers ce dernier !

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4 réponses à “Merlin l’enfanteur”

  1. #1

    Cuchulainn dit :

    Et bien et bien, certains d’entre nous « dévorent » en ce moment.. O.O
    Pour ce qui est de l’article, et plus précisement de ton passage sur l’aspect non conscis du texte: ca me fait beaucoup penser à ces livres de SF un peu trop technique quelque fois. Ils se perdent en explications tarabiscotées ce qui fait que bien souvent le lecteur est « à l’ouest ».

  2. #2

    BuzzerMan dit :

    Ouais, j’ai pas grand chose à faire à Lyon et j’ai pas très envie de jouer…

    Ouais t’as raison, ça arrive parfois dans la SF mais je préfère, au moins ça me force à relire pour mieux comprendre. Enfin ça m’a fait ça dans Neuromancer de Gibson, vraiment dur à lire mais très très bien. Là j’ai juste envie de passer très très vite !

  3. #3

    Le Mamelouk dit :

    En parlant de Neuromancer, je l’ai fini la semaine dernière : super.
    Le cyberpunk, c’est cool.
    J’ai fait la correspondance avec un paquet d’autres œuvres en le lisant, ce bouquin en a inspiré pas mal !
    C’est peut-être parfois dur à suivre avec les techniques qui nous sont obscures, mais c’est super bien écrit.

  4. #4

    BuzzerMan dit :

    Ahh, content qu’il t’ait plu ! C’était un peu quitte ou double celui-là.
    Et oui le cyberpunk c’est indéniablement cool !

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