Catcheur mexicain recherche énigmes dans point&click

Par BuzzerMan

Joli le dragon !

Hourra, le point&click est ressuscité ! Je ne savais pas qu’il était mort mais je ne lis que ça depuis que Telltale Games nous fournit des épisodes à gogo, c’est bien un signe !

Depuis qu’ils officient, les californiens ont joué les nécromants avec quelques licences de jeux venant du cimetière de Lucas Art comme Sam & Max et récemment Monkey Island, mais ils sont aussi les auteurs de jeux basés sur la série Homestar Runner que je ne connais que de nom. La particularité Générique Qui Dechiredes jeux de Telltale est qu’ils sont distribués sous forme d’épisodes regroupés en saison de 4 à 6 volets pour un prix tournant autour de 35$. Ayant apprécié la première saison de Sam & Max, j’ai profité d’une promo pour me lancer dans Strong Bad’s Cool Game for Attractive People qui s’étale sur 5 épisodes. On va prendre l’article à l’envers : c’est drôle, c’est frais, ça n’est pas exempt de défauts mais rien de rédhibitoire !

Avant de présenter chaque épisode, un petit tour des personnages s’impose, au moins pour comprendre le loufoque qui se glisse dans ce jeu. Puisque c’est son jeu cool pour les gens att… Dangeresque1OK je m’enflamme, on incarne Strong Bad ! Masque sur la tête, il a tout du parfait catcheur : il est méchant (!), il a des gants improbables, il écoute du métal, il n’aime pas les gnognoteries liées à la nature, l’anti-héros idéal qui a le verbe cinglant et le jeu de mot facile.
Strong SadÉvidemment, il est entouré de losers, voire de looser dans le cas de son frère Strong Sad, mou comme un public de Bob M. à la grande époque, naïf et peureux, d’ailleurs sur son drap-housse est imprimé des D20, je crois que tout est dit… Les autres énergumènes qui vivent sous le même toit que ces deux-là sont Strong Mad, une masse de muscle à l’élocution plutôt limitée mais qui parle TREEES FOOORT !! The CheatEt « The Cheat », une sorte de… créature souffre-douleur particulier de Strong Bad, à mi-chemin entre un pokémon et un hamster qui a gardé le langage du second puisqu’on ne comprend rien à ses « Meeehhh meehhehh » bien que les autres personnages aient un décodeur.
Homestar fait aussi partie de l’entourage de Strong Bad. Il est le grand champion de course local mais n’a pas vraiment inventé le fil à couper l’eau chaude. Lui et sa copine écolo Marzipan n’ont pas de bras (ces laids),homstar ça ne les empêchera pas de mettre des bâtons dans les roues des plans démoniaques de Strong Bad. Enfin, on aura assez vite à faire affaire avec Bub et son sourire carnassier qui essayera de nous proposer des combines louches et fournit le héros en pièces de borne d’arcade et autres joyeusetés vidéoludiques. Il manque Coach Z, le King of Town et le Poopsmith pour que le village soit complet.

Le premier épisode met directement dans l’ambiance avec son titre : Homstar Ruiner. Et qui va pousser le champion de course à sa ruine ? Notre vengeur masqué bien sûr ! Évidemment, ce sera à sa façon donc tout à fait malhonnêtement, tous les moyens sont bons lorsque l’on est le meilleur mais que le monde ne le sait pas encore ! L’épisode permet de rencontrer tous les personnages, de saisir l’humour qui va entourer la série et commence en douceur la saison avec des énigmes pas trop tordues.
Dans le second épisode Strong Badia the Free, Strong Bad, le plus grand expéditeur d’e-mails de la ville, va refuser la nouvelle taxe sur l’envoie de message, s’opposer à the King of Town et fonder sa propre nation pour renverser ce tyran ! Sauf que tous les autres habitants auront la même idée, on devra donc devenir un habile politicien pour les pousser à ralier notre cause, région par région. Repenser à cet épisode me rappelle les dialogues improbables que l’on a avec un personnage volant (et assez planant) dont le nom m’échappe… Épisode très sympa qui se termine par une étape assez original mêlant un semblant de stratégie à l’ambiance point & click.

La gallerie
Le suivant est celui que j’ai le moins apprécié, j’en ai même oublié le début… Grosso modo, Baddest of the Band nous propose d’organiser et de gagner un concours de groupes de musique. On devra donc recruter le service d’ordre, faire parler de notre groupe dans les journaux, saper la popularité des autres et, évidemment, être le meilleur ! J’ai vraiment buté sur cette bagarre musicale, les énigmes m’ont paru plus tordues et allant beaucoup moins d’elles-même. C’est en fouillant le forum que j’ai pu me dépatouiller dans certaines en étant en plus très déçu de ne pas avoir trouvé !
Par contre, les deux derniers, c’est que du bonheur ! Dangeresque 3 nous permet d’être l’acteur d’un film amateur fait par les protagonistes habituels. L’acteur principal est Strong Bad, forcément, alias Dangeresque, un détective privé prêt à tout qui va parcourir le monde pour déjouer les plans diabolique de.. heu, je vous laisse la surprise… Qu’est-ce que j’ai ris dans celui-là ! Entre les plans mal montés où un personnage commence une phrase pour en terminer une autre, ceux qui apparaissent et disparaissent d’un plan au suivant, leur jeu d’acteur pourri ou les décors en carton, tout est fait pour qu’on se sente vraiment dans un film porté à bout de bras par quelques passionnés. Et l’on y fait connaissance avec le père de la famille Strong qui vaut son pesant de cacahuètes vu le décalage entre le « film » et ses paroles.

Pistol-Nunchuck
Enfin, la saison se conclue avec 8-Bit is Enough où Strong Bad entreprend de réparer sa borne d’arcade cassée depuis le 1er épisode. Mais rien ne va marcher comme prévu et le monde des jeux vidéo du catcheur va se mélanger avec celui des personnages « réels » amenant tout sorte d’incohérences et permettant aux développeurs de se lâcher complètement au niveau du scénario. On devra donc gérer Marzipan devenu lanceuse de caisse berzerk, débarrasser la maison de Strong Bad de fantômes en sprite ou encore valider des quêtes improbables afin d’entrer dans l’antre du terrifiant Trogdor pour le terrasser ! Je ne sais pas si les références me parlaient plus mais, malgré la très faible difficulté de cet épisode, je crois que c’est mon préféré, tout simplement.

Strong Mad : Une masse de muscle.

L’ensemble est donc un peu irrégulier même si je me suis bien marré tout du long en maîtrisant un peu la langue de Jordan, le jeu n’étant pas traduit pour nous… La difficulté n’est aussi pas très élevée pour peu que l’on cherche un peu toutes les combinaisons possibles. On retrouve le gameplay de Sam&Max traditionnel des point & click avec inventaire mais sans association d’objets dedans (comme c’est le cas dans les premiers Monkey Island), il faudra donc utiliser le décor pour avancer.
D’ailleurs pendant qu’on l’aborde, les environnements sont assez simples, peut-être à peine assez diversifiés vu que l’on n’en rencontre peu de nouveau à travers les six épisodes ; certains les trouverons sans doute assez pauvre, loin des tableaux fouillés de Runaway. Personnellement, j’aime cette simplicité, comme dans les personnages, proche d’un rendu cartoon (sans être du cell shading quand même), tout du moins des animations flash d’où provient cet univers. Niveau technique, très peu de bugs à déplorer, rien qu’un reload toujours possible ne vienne à bout, et ça tourne aux petits oignons, heureusement vu ce qu’il y a à afficher !

Et puis, comment ne pas aimer un jeu où les développeurs font preuves d’autant d’auto-dérision que de lucidité :

Enorme
Bref, n’hésitez pas à vous lancer dans cette série si vous aimez un peu ce style de jeu et que vous maîtrisez assez l’anglais. Des démos sont proposées sur le site officiel pour se faire un avis sur le niveau de langue nécessaire. Pendant que j’y suis, ne le fouiller pas trop avant de jouer, il y a beaucoup d’aides de jeu avec screen, revenez quand vous serez coincé !

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2 réponses à “Catcheur mexicain recherche énigmes dans point&click”

  1. #1

    Hnit dit :

    Etant un grand fan des deux premiers Monkey Island (danger troll : les chara design des aut’ sont vraiment trop moche, même les récents ]8) ), j’ai retrouvé dans SBCG4AP beaucoup de plaisir à jouer à un point&click.
    J’ai rigolé à chaque épisode et les énigmes sont tordues comme y faut mais pas insurmontables.
    A piquer à son collègue de bureau dès que possible pour tester le jeu.

  2. #2

    BuzzerMan dit :

    Ouais et faut pas oublier de lui rendre aussi, espèce de vilain troll poilu !
    En tout cas, content qu’il te plaise, c’était pas gagné d’avance…

    Tiens d’ailleurs faut que je m’attaque un peu plus sérieusement au remix de Monkey Island. D’ailleurs j’ai tout à fait compris de quoi tu parlais quand tu disais que le design était à tendance « effrayante » (c’est bien le mot ?) et que le nouveau design perd complétement cela.
    Mais par contre jouer avec les voix, c’est franchement agréable !

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