Rock’n bédé

Par Le Mamelouk

Couverture de Rock Strips Vous aimez le Rock ? Vous aimez la Bande Dessinée ? Alors vous aimerez peut-être Rock Strips. Je dis bien peut-être. Parce que ce n’est pas certain. Et quoi de mieux q’une longue énumération pour pallier mon incompétence à remplir cette introduction en bonnet difforme : Jimi Hendrix, David Bowie, The Rolling Stones, Nirvana, Pink Floyd, Metallica, Johnny Halliday…

Ah non, au temps pour moi, pas Johnny Halliday. Lui excepté, donc, tous ces grands noms du rock sont présents, et bien plus encore, dans ce « manuel » sur le rock, le vrai, le barbu, le bruyant, ou quoi qu’il représente pour vous.
Rock Strips, c’est l’œuvre collective de tout un tas de jeunes auteurs inconnus de BD, pas forcément jeunes en fait, et pas forcément inconnus non plus. Mais alors, c’est quoi Rock Strips : une BD ? un manuel ? une encyclopédie ? Mettez-en donc un peu de chaque.

Ce manuel illustré, ou cette BD très textuelle, vous emmènera aux débuts du rock, dans les années 50, pour remonter le fil du temps avec les grands noms qui auront marqué leurs époques jusqu’à aujourd’hui. Les fifties, avec Little Richard (A wop bop a loo mop a lomp bomp bomp), Elvis, les sixties avec les Beatles, les Stones, Janis Joplin, les seventies, Iggy Pop, Blondie, AC/DC, Sex Pistols, les 80′, Metallica, puis Radiohead, Nirvana, White Stripes, et Jean passe (il aime le rock, Jean). Tant d’artistes à (re)découvrir, en texte et en images.

Chaque artiste, ou groupe, est d’abord présenté par Vincent Brunner, journaliste spécialisé dans la musique et la bande dessinée (il a été chef de rubrique musique de Rolling Stones, a écrit quelques bouquins sur des chanteurs, et écrit aujourd’hui pour des mags sur la musique ou la BD). Biographie des chanteurs agrémentée d’anecdotes sur leur vie d’artistes, leurs tubes, leurs doutes, leurs périples, leur éventuel déclin, ou reformation, deux petites pages qui en disent long. Ces pages sont l’occasion d’en apprendre un peu plus sur ces légendes, grâce à une écriture agréable, La quatrième de couv, avec les 30 groupes présents. qui ne prend pas de pincettes et n’hésite pas à dévoiler les mauvais côtés des stars.
Ces présentations sont suivies d’une playlist d’une vingtaine de chansons ainsi qu’une ‘discographie sélective’ choisies par le journaliste, histoire d’accompagner notre lecture avec les titres les plus marquants créés par ces rockeurs. Inutile de vous dire que le premier réflexe est de monter le volume pour se plonger dans l’univers de l’artiste, remonter le temps, faire des cornes avec ses doigts et bouger ses cheveux.

Et alors vient la BD. Ce ne sont pas moins de 33 dessinateurs qui ont chacun mis en images un groupe ou un artiste. Berberian, Catel, Clerc, Killofer, Luz, Menu, Sattouf, tant de noms qui ne me disaient rien. À part Sattouf, que j’ai pu apercevoir dans Fluide Glacial, présentant Lars Ulrich (le batteur de Metallica) comme un mec qui « tape sur ses fûts comme s’il tapait sur un chien qui lui grignote les couilles ». Exquis.
Trente-trois dessinateurs pour tout autant de styles différents : chacun y va de sa représentation, contant leur propre découverte d’un groupe, mettant en image une chanson, illustrant la vie des musiciens, ou partant dans des représentations complètement délirantes à base d’allégories hallucinatoires.

Et c’est bien là mon problème avec ce livre. Autant les biographies sont passionnantes, autant j’ai eu beaucoup de mal avec la majorité des planches de BD, que je trouve trop personnelles, trop hermétiques – trop élitistes ? En lisant ces BD, j’ai eu le même sentiment qu’après la visite d’une expo d’art contemporain : « je dois être trop bête parce que j’ai rien compris. » Le genre d’œuvre qui vous rappelle que vous n’avez aucune culture ou ouverture d’esprit, ou qui vous prend pour un con, au choix. Il est parfois difficile de faire la différence.
En clair, à part quelques rares exceptions, La pochette de l'album qui a inspiré la couverture. je me suis emmerdé sévère en lisant ces planches. Je me serais heurté à des œuvres difficiles d’accès d’artistes qui ne sont pas bien connus du ‘grand public’ parce qu’ils font des choses différentes, et qui restent malheureusement hors de ma portée. Ce livre aura réussi à consolider ce mur qui me sépare du ‘monde avec de la culture’ qui kiffe Godard et consorts.

Pour conclure, que penser de cet ouvrage ? À 25€, vous aurez droit à un livre de très bonne qualité, qui saura vous faire découvrir des artistes ‘classiques’ du rock, à travers des biographies succinctes mais captivantes ; c’est autre chose qu’une fiche Wikipédia. Cela dit, je vous conseille de le feuilleter avant un éventuel achat, si vous en avez la possibilité, le livre étant sous cellophane.
Vous pouvez retrouver beaucoup plus d’informations sur le blog officiel du livre. Chaque artiste est présenté dans un article avec ses publications, un aperçu de ses planches pour le livre, des vidéos du groupe dont il avait la charge, et bien d’autres choses. Histoire de vous donner une idée.

Je finirai en citant Berberian : « Mais qu’est-ce que c’est que ce bouquin pourri ? P’tain, y’a même pas Dylan dedans… Ni Neil Young… Ni Lou Reed. Alors qu’il y a ce gros lourd d’Elton John ! Un livre sur le Rock p’tain ! Le ROCK ! »

Note : C’est Berberian qui s’est chargé d’illustrer la partie concernant Elton John.

Rock Strips (2009)
240 pages N&B, 25€, aux éditions Flammarion

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2 réponses à “Rock’n bédé”

  1. #1

    BuzzerMan dit :

    Le genre d’œuvre qui vous rappelle que vous n’avez aucune culture ou ouverture d’esprit, ou qui vous prend pour un con, au choix.

    J’ai eu le même sentiment quand j’ai fini Braid ou écouté le Requiem de Mozart, c’est assez frustrant. Du coup, je pense que je vais passer mon tour, mais bon la partie biographie a l’air intéressante !

  2. #2

    Greg dit :

    A quand une techno’n Bédé pour moi ?! (comment ça mes critiques de lectures sont à la hauteur de mes critiques de techno ?)

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