Soleil Noir

Par BuzzerMan

Couverture de l'édition française Sacré couverture que possède ce Black Summer, en commençant par la mention de son scénariste : Warren Ellis. Le nom du dessinateur ne me dit rien, mais son trait m’a grandement attiré : qu’est-ce que fait ce type plutôt classe au milieu du Bureau ovale avec tant de sang ? Il n’en fallait pas plus pour me titiller, ça et le fillet au dos « Vous avez aimé Watchemen [heu oui, mais en film…], vous aimerez Black Summer », ben voyons…

Tout commence lorsque le Président des Etats-Unis va faire une déclaration mais c’est John Horus, le joyeux luron cité précédemment, qui sort du bureau couvert de sang en expliquant qu’il l’a tué, que le pays n’est plus libre, que ce gouvernement n’est basé que sur le mensonge, en particulier concernant la dernière guerre en Irak et demande à ce que soient organisées au plus vite des élections libres et, bien sûr, il les supervisera. Très vite, les autres super-héros membres de l’organisation les Sept Armes nient tout implication dans le geste de Horus alors que Tom Noir, ancien du collectif, amputé d’une jambe à la suite d’un accident, est attaqué par une vieille connaissance… Beaucoup d’éléments à ingurgiter dès le départ mais le récit revient, à travers des flashbacks, sur le passé des personnages, leur lien, la création du groupe et de leur pouvoir.

Couverture de l'édition américaine L’histoire va assez vite, on ne plonge pas au plus profond de chaque protagoniste, on survole plutôt l’ensemble sans savoir précisément d’où provient cette situation ; j’ai l’impression que l’on nous laisse un peu deviner ses origines, ce que je ne trouve pas désagréable ici, rien de frustrant. On ne sait pas non plus exactement quels sont les pouvoirs des personnages, on ne s’embête pas avec ça, puisqu’on vous dit que ce sont des super-héros, croyez nous bon sang ! Il est quand même évident qu’ils résistent assez bien aux balles, qu’un ou deux peuvent voler mais pas tous, qu’ils peuvent communiquer entre eux un peu comme par télépathie (ça c’est bon !) et autres subtilités mais ça n’est pas vraiment le point le plus important. On abord les thèmes de la manipulation des foules et des médias, de la toute puissance des images, de la folie des supers-héros qui ne sont finalement que des hommes et des femmes faillibles…

Le scénario est servie par un dessin dont je n’ai pas rencontré très souvent le style, et ce selon plusieurs aspects. On peut tout d’abord remarquer qu’il fourmille de détails dès la couverture, il y a même une double planche de combat pleine de petits éléments complètement loufoques. Les couleurs m’ont paru aussi très justes et très agréables, peut-être un poil trop flashy pour certains lecteurs. On pourrait aussi repprocher à certains scènes d’être très violentes, voire gores mais on est averti dès la couverture que ce serait le cas, ça ne m’a pas géné. Si l’on pardonne aussi les mentons très carrés des hommes et les mensurations démesurées des membres féminins de l’escouade, on ne peut qu’être conquis par les traits du ‘sieur Juan Jose Ryp.

Bref, un scénario sympa mais qui ne m’a pas emmené aussi loin que Watchmen, des personnages nous laissant imaginer une partie de leur passé et un dessin qui m’a beaucoup plus font de ce Black Summer un bon comics pour un prix raisonnable mais sans génie particulier non plus.

Black Summer (2008)
15€, aux édition Bragelonne, collection Milady

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Une réponse à “Soleil Noir”

  1. #1

    Le Mamelouk dit :

    Je rejoins ton avis, un comics sympa sans atteindre des sommets. Le dessin est impressionnant, je l’ai presque trouvé trop détaillé pour le coup. Un seul volume comme celui-là reste court pour développer un scénario, on reste un peu sur notre faim du coup.
    Il m’a quand même fait passer un bon moment, si on ne compte pas les répliques tombola « pour faire cool ! »

    « T’as d’autres trucs de ninja estropié, enculé de cul-de-jatte ?
    – Juste un, tête de con. »
    PAN

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