La voie du Corbeau

Par BuzzerMan

Couverture de Chromozone

On va dire que je fais une fixation sur les couvertures, mais c’est parfois la première chose qu’offre un livre, le premier contact que l’on a avec lui ; tout d’abord purement visuel puis, en retournant le livre, textuel avec le fameux quatrième de couverture. Pour ce premier opus de la trilogie Chromozone, je me suis abstenu (comme bien souvent maintenant) de lire ce résumé. Grand bien m’en a pris puisque, après avoir lu la moitié du livre, j’y ai jeté un œil pour y découvrir des éléments que je n’avais pas encore lu et qui ne sont décrits qu’à la fin de ce tome.

De toute façon, le Corbeau peint par Corinne Billon est un élément déjà assez important de l’histoire pour qu’il soit inutile de chercher plus d’info au dos. Quoi ça ne vous suffit pas ? Très bien : tout commence avec le meurtre d’une vieille femme noire, d’une violence inouïe, alors qu’elle était bien au chaud chez elle. Très vite, deux jeunes blancs aperçus près du crime la veille (qui ont donc franchi la frontière de leur quartier) sont accusés. On suit alors Teitomo, un policier d’origine asiatique officiant dans le quartier qui doit faire face à une émeute, tirer son épingle du jeu mais surtout sauver sa peau…
En parallèle, l’auteur nous présente la très grossière Justine qui, au sein d’une grosse entreprise allemande à la pointe de la technologie, va faire face à des supposés partenaires un peu louches ; ainsi que Gemini qui lutte, dans un camp de réfugiés sur une île bretonne, pour sa survie contre apparemment plusieurs ennemis pas très bien identifiés au début.

Oui, ces éléments semblent assez singuliers mais l’on apprend petit à petit d’où tout provient, ce qui a pu merder pour en arriver là. Et c’est super bien fait, tout simplement ! Alors que le quatrième de couverture (encore lui, le félon !) évacue toute intrigue en une ligne et demi, Stéphane Beauverger prend tout son temps pour nous renseigner sur les événements passés, que les protagonistes connaissent forcément bien pour les avoir vécus, à travers leurs conversations et leurs souvenirs. Me voilà bien embêté maintenant, je ne vais pas vous dévoiler quoi que ce soit mais laissez-moi vous dire qu’on y trouvera des manipulations de foules, des révoltes ‘raciales’, des enjeux entre sociétés et une fuite éperdue contre maintes et maintes menaces.
On pourra peut-être reprocher à l’intrigue de ne pas avancer très vite, peut-être parce que c’est premier tome et que beaucoup d’éléments sont à mettre en place, mais cela ne m’a pas dérangé. D’ailleurs, même si je lirai la suite avec intérêt, le roman se suffit à lui seul si vous n’êtes pas convaincu et n’avez pas envie de connaître la suite (ce qui me paraît difficile).

Outre l’histoire, ce qui m’a fait du bien en lisant ce livre, c’est de profiter directement d’un auteur français et de ne pas passer par une traduction. C’est tout bête mais je l’ai ressenti à divers moments où je me suis dit « Si c’était traduit, on lirait sûrement pas ça ! » Ça passe par les insultes, les jolis noms d’oiseaux mais aussi toutes les remarques que (se) font les personnages qui sonnent vraiment naturelles. C’est là que je me suis rendu compte que c’est quand même toujours mieux en VO !

Bref, un très bon moment de science fiction qui m’a fait veiller plusieurs fois pour avancer plus vite et découvrir ce qui a bien pu se passer… Un peu comme Peste en ce moment d’ailleurs.

Chromozone (2005), trilogie Chromozone T.1, de Stéphane Beauverger
288 pages, 18€, éd. La Volte
ou 420 pages, environ 7,50€, col. Folio SF
Je précise les deux car, même si je l’ai lu en Folio, l’édition La Volte a l’air magnifique.

Tags : , , , , , ,

Un commentaire ?