Les français parlent aux français euh, zombies

Par BuzzerMan

Affiche finale

Oui, encore du zombie ! Mais du zombie comme ça, j’en redemande ! Je voudrais vous parler ici de La Horde, le film qui m’a fait entrer dans un cinéma lyonnais depuis mon installation dans la capitale des Gaules il y a un an (et y laisser 10€ au passage), il fallait que ça en vaille la peine…
Loin de moi l’idée de relancer feu le débat sur l’identité nationale (la pauvre…) ou de beugler « Nos régions ont du talent », mais il faut reconnaître qu’entre le précédent billet ce celui-là, je suis assez content de voir que les français parviennent à tirer leur épingle du jeu et font aussi bien (sinon mieux) que nos colocataires sur cette planète (au hasard, ceux d’Hollywood mais aussi les voisins espagnols avec Rec). C’est peut-être du chauvinisme après tout, faut que je travaille là-dessus…

Claude PerronTout commence comme un Tarantino : par le besoin de vengeance. Celle des flics qui enterrent l’un d’eux et veulent leur revanche sur ceux qui ont descendu leur frère d’arme mais aussi libérer un possible allié (indic’, collègue, on ne sait pas trop). Pour cela, ils prennent d’assaut à quatre une tour de banlieue pour accéder au dernier étage, synonyme de QG du gang assassin. Sauf que l’attaque tourne court et qu’une fois les assaillants prisonniers en haut de l’immeuble, flics et truands se rendent compte que les morts se relèvent, qu’ils ont faim et que la tour semble proposer un bon garde-manger. Se posent alors quelques questions : faut-il s’allier à ses ennemis pour essayer de survie ? Est-il plus malin de descendre ou de rester en haut ? Y a-t-il seulement un espoir de s’en sortir ? On va suivre alors la progression d’une demi-douzaine de survivants à travers les étages de la tour.

Et j’ai trouvé cela terriblement efficace. Il émane une certaine tension du film, installée par les scènes d’attaque du départ, qui est maintenue pendant je dirais une longue première partie, avant la rencontre avec un vieil habitant qui marque une pause agréable pour les personnages et les spectateurs avant le final survolté. Du coup, j’étais à cran d’un bout à l’autre du film sans avoir peur pour autant (ça n’est pas le but). On apprécie le sang qui gicle et qui laisse des taches partout ; et le décor simple, très maîtrisé et qui sied parfaitement au style.
Eriq EbouaneyUn autre point particulièrement soigné dans l’ambiance est la présentation des liens entre les personnages et leur évolution. On ne sait pas tout, on nous présente seulement des brides de leur passé pour nous laisser imaginer ce qu’il y a derrière ces phrases assez énigmatiques, et chez moi, ça a marché même bien après le générique. J’y tiens au fait que tout ne soit pas dit, que notre imagination soit mise à contribution, d’autant plus la frontière entre la frustration et « en dire trop » est très fine. Et puis le jeu des acteurs sonne juste, entre Eriq Ebouaney dans le rôle du chef de gang qui essaye de rester digne et entier, Jean Pierre Martins à la tête des flics essayant de sauver son équipe, Claude Perron en amazone seule survivante féminine de l’immeuble prête à tout pour s’en sortir, je les ai trouvé presque tout le temps juste ; presque car parfois, certains en font un tout petit peu trop, ça reste léger et on oublie vite ces errements.

Clap

Bien sûr, parmi le casting, il faut compter aussi sur les zombies et la horde de figurants très bien maquillés, ou plutôt défigurés. Il y a quelques temps, j’avais lu sur feu l’Ombre du Z comment s’était passée une journée de tournage dans la peau d’un zombie, ça m’avait paru très sympa et au passage, j’avais gardé en tête qu’il fallait que je vois ce film pour apprécier le résultat. Pas manqué, c’est très réussi et convainquant quand par exemple, la masse erre au bas de l’immeuble sans vraiment de but ; ou se rue sur l’un des survivants, y voyant un bon casse-croûte…

Première affiche Voilà donc un film très agréable, certes non sans défauts mais qui restent légers, un divertissement français à mille lieux des films humoristiques moisis se foutant d’un accent régional. Un genre que l’on voudrait voir plus souvent mis en action par des co-citoyens, surtout avec autant de classe. Au passage, voilà deux réalisateurs, Yannick Dahan et Benjamin Rocher, dont il va falloir suivre les travaux de près.
Si l’on veut voir plus de production de ce type en chantier de ce côté de l’Atlantique, il faut lui laisser sa chance, serrer les fesses et accepter de payer la somme nécessaire pour le voir en salle, la mienne était loin d’être complète… Et si vous appréciez le cinéma de genre, vous ne devriez pas être déçu !

Vous voulez une autre critique ? Je vous propose celle de Bebealien, qui a apprécié aussi le film.

En finissant cet article, je me rappelle avoir vu Etreintes brisées d’Almodóvar à Lyon avant ce film. Si ça ne m’a pas marqué, il doit bien y avoir une raison…

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8 réponses à “Les français parlent aux français euh, zombies”

  1. #1

    Le Mamelouk dit :

    Dix euros pour la place de cinoche c’est vrai que ça fait mal au derche… Je suis bien content de ma carte Culture et de mes places à 3,50€ moi, je profite pendant que je peux !
    Si l’occasion se présente, j’irais le voir ce film.

  2. #2

    alliocha dit :

    Même si je ne pense pas pouvoir le voir là où je me trouve, est-ce que ce petit film français bénéficie d’une distribution en salle correcte ? Et sinon c’est un peu l’overdose de zombies depuis un an…(perso ma dernière place de ciné c’était 17€, IMAX toussa)

  3. #3

    BuzzerMan dit :

    Diffusion correcte, plus ou moins… A Lyon, ça va encore, il passe dans plusieurs cinémas. J’ai jeté un œil sur Dijon par curiosité, il a droit à deux salles également. Par contre ça m’étonnerait que le charolais en profite…

    Wah, déjà 10€ ça me semble beaucoup, 17€ je fais demi-tour direct ! C’était où et pour quel film ?
    C’était clair que c’était le bon temps les places à 3,50€…

    L’overdose, à peine mais on y arrive ! Faut dire que j’ai pas lancé L4D depuis un bon moment, j’étais presque clean jusque là.

  4. #4

    DrSnake dit :

    C’est vrai que le zombie est à l’honneur dernièrement. Est ce un test des hautes sphères pour savoir comment on va réagir face à leur dernière bourde biologique ?

    Moi je suis sûr d’un truc, c’est que si je vais voir un film comme celui la au ciné, je vais faire ma flipette du début à la fin :p. Je me plonge tellement dans l’écran quand je suis au ciné que j’y est droit à chaque fois. Bon après s’il est vraiment bien, j’essaierai de regarder ça un de ces quatre.

    PS : ouch les 10€.

  5. #5

    BuzzerMan dit :

    J’ai failli insisté sur ce point, j’aurais dû : autant il y a pas mal de tension tout du long ; autant, à aucun moment j’ai sursauté. Le but n’est vraiment pas de faire peur à la manière d’une film d’horreur. Ni de montrer du gore comme dans Hostel.
    C’est encore différent comme impression, c’est vraiment fait pour nous faire vivre avec eux.
    Evidemment, il se peut que ça ne plaise pas à tout le monde. Quant à dire « s’il est vraiment bien », pas facile… Il remplit bien son contrat, ça c’est sûr, et moi j’ai adoré !

  6. #6

    alliocha dit :

    « Wah, déjà 10€ ça me semble beaucoup, 17€ je fais demi-tour direct ! C’était où et pour quel film ? »
    l’IMAX de Sydney, le plus grand écran au monde et pour pocah… Avatar en 3D.
    Bien sûr je ne suis pas prêt de payer 17€ (27$AUS) pour chaque film, c’était plus pour l’expérience 😉

  7. #7

    BuzzerMan dit :

    Le DVD est sorti il y a peu et c’est toujours aussi bon !
    Pour ceux qui passent encore sur ce blog, qui l’ont loupé au cinéma et qui ont envie de faire une bonne action (ça fait beaucoup de conditions…) : vous pouvez encore soutenir ce film en dépendant quelques deniers pour une galette.

  8. #8

    segle dit :

    Vu il y a quelques temps.

    Un des rares films français que j’ai pu blairer ces 5 dernières années. L’autre, c’était Martyrs, que je te conseille aussi.

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