La guerre des bibliothécaires

Par Le Mamelouk

Les bibliothécaires de demain Quoi de plus normal que la présence d’hommes armés à l’entrée de votre bibliothèque favorite, où vous vous rendez en ce mercredi après-midi pour y emprunter le tome 27 de L’Épée de Vérité qui vient tout juste de paraître et dont vous êtes friand au fromage. Même s’il est vrai que lire une telle chose mériterait bien une balle dans le genou, la situation n’en est pas moins insolite. Et si ces militaires étaient là pour protéger les livres de la censure imposée par le gouvernement ? Alors là, je dis d’ac, et je mate de suite cet anime nommé Toshokan Sensou (Library War dans la langue de Bush).

En cette année 20**, le gouvernement du Japon instaure une Loi d’Amélioration des Médias visant à protéger les citoyens des œuvres qui pourraient avoir une influence néfaste, et crée le Comité de Nettoyage des Médias, chargé entre autre de supprimer les œuvres interdites des rayonnages des librairies et des bibliothèques. Pour protéger la liberté d’expression, les bibliothécaires se regroupent alors pour former la Force de Défense des Bibliothèques, un groupement militaire chargé de protéger les établissements contre les assauts des censeurs. Le conflit entre ces deux entités n’a de cesse de s’intensifier, les deux camps se refusant d’abdiquer.

Moi la grosse tête ? Jamais !

Iku Kasahara, que nous appellerons Kasahara pour plus de facilité, a pour ambition de rejoindre le Groupe d’Intervention des Bibliothèques (des Forces Spéciales en quelque sorte) après être tombée en admiration pour l’un de ses membres étant jeune, lorsque celui-ci repoussa les vilains censeurs qui voulaient s’en prendre à la dernière parution de son livre favori qu’elle s’apprêtait à acheter ; ce afin de défendre la liberté d’expression en protégeant les livres qui lui sont chers, et accessoirement pour retrouver son ancien sauveur, qu’elle appelle son ‘Prince’.

Régis à la bibliothèque.

En voilà un animé qui part d’une situation intéressante en abordant le thème de la censure, et que l’on peut résumer par autre chose qu’ « un mec entouré de gonzesses », chose assez rare pour le souligner. Il n’est pas sans rappeler le roman Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, auquel il est d’ailleurs fait référence lors d’une mission où les protagonistes doivent sauver un « livre de SF écrit par un Américain, dont le travail du héros est de brûler les livres, et qui fut adapté au cinéma par un réalisateur français ». Cela dit, je peux me tromper, mais des livres qui répondent à cette définition, je n’en connais pas des masses.

Des combats impressionnants

Avec un postulat de base et des références pareilles, aurions-nous décroché le jackpot ? J’ai bien peur que non.

Sinon ça va chez vous ?

La faute à une histoire que j’ai trouvé pleine d’incohérences. Toshokan Sensou est l’adaptation du light novel du même nom écrit par Hiro Arikawa (le light novel est un court roman facile à lire, bien souvent accompagné d’illustrations et destiné à un public plutôt jeune) et j’espère que ses 4 volumes tiennent plus la route que cette série.

D’un côté, nous avons le Comité de nettoyage qui a la loi avec lui, donc le droit de retirer les livres interdits des rayonnages. En face, les bibliothécaires ont de leur côté la Loi sur la Liberté des Bibliothèques (inspirée par un texte réel), qui leur adjoint le droit de collecter et de protéger les livres qu’ils souhaitent ainsi que de s’opposer à la censure.

Nous pouvons rapprocher ce texte de la Déclaration d’IFLA sur les bibliothèques et la liberté intellectuelle (lien), qui dit :

« Les bibliothèques doivent librement acquérir, organiser et communiquer leurs collections et s’opposer à toute forme de censure. »

Ce texte s’appuie sur la Déclaration des droits de l’homme et son article 19 :

« Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression; ce droit inclut la liberté d’affirmer des opinions sans interférence et de rechercher, recevoir et transmettre des informations et des idées par tous les moyens et sans tenir compte des frontières ».

Coin coin

Pour en revenir à Toshokan Sensou, nous avons donc un problème. Posons la situation.

Le Comité de Nettoyage et la Force de Défense des Bibliothèques sont dans une librairie.
Le premier veut récupérer un livre pour l’interdire et invoque son droit.
La deuxième veut récupérer ce même livre pour le protéger et invoque son droit.
Que se passe-t-il alors ?

C’est la guerre mon Général !

Je protégerai Twilight au péril de ma vie !

Vous voyez le malaise. On aurait donc pu s’attendre à des complots politiques, des grands débats sur la liberté d’expression, des masses en colère se révoltant contre la dictature… Sauf que tout ce qu’on a, c’est quelques combats assez bidons, des tentatives de machinations sans grand intérêt, un survol de combats politiques.

Quand ce n’est pas le Comité de nettoyage qui baisse son froc devant la carte de bibliothèque d’un agent des Forces de Défense, alors qu’il a en théorie autant de droits que lui, ce sont des affrontements armés entre les deux groupes avec des morts et blessés, ou des balles « allégées » pour éviter les dégâts, selon le temps, et qui respectent des horaires précis. « Oh là, il est 10h les gars, tout le monde remballe ! ».

┗(^o^)┓

Je comprends la nécessité pour les dirigeants d’imposer des limites et de tenter de réglementer les affrontements entre deux groupes légitimes, mais cette animé m’a quand même semblé maladroit à bien des égards, voire incohérent. Peut-être est-ce dû au format imposé au studio (seulement 12 épisodes) qui a dû compresser tout ça au détriment de la compréhension ? J’espère en tout cas que les romans sont de meilleure facture.

En parlant du studio responsable de cette adaptation, c’est Production I.G qui est aux commandes (on leur doit notamment, au hasard, Ghost in the Shell). C’est donc fort de leur talent qu’ils nous offrent une animation de très bonne qualité, avec parfois un épaississement des traits des personnages du plus bel effet.

T'as un bout de pomme de terre sur la joue

Les personnages, quant à eux, sont assez sympathiques, bien que parfois assez caricaturaux. Mention spéciale à la copine de l’héroïne, une informatrice très compétente, Asako Shibasaki. Tout le monde se demande comment elle parvient à toujours trouver toutes ses infos. Moi je sais : elle avale.

Il faut bien avoir des atouts pour faire jaillir la source de ... d'informations

Conclusion : un anime sympa mais sans plus, qui prône la tolérance, l’amitié, le dépassement de soi. Rien de bien nouveau chez nos amis japonais, en somme.

Note : il existe aussi une OAV, qui n’est pas très convaincante, à base d’arrestation pour des raisons complètement grotesques et de jeune fille handicapée pour faire pleurer dans les chaumières. Mouais.

Je vais casser ton écran ha ha !

BONUS :

You gonna get raped ! Je suis stone. Pied de table + petit orteil Hamster jovial Vous pouvez aussi rajouter grosse pute si vous en avez envie.

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