Le Feu de la Sor’cière

Par BuzzerMan

Couveture Milady Quand je trouve un livre moyen, je me refuse toujours à l’arrêter au milieu ; on ne sait jamais, la fin pourrait relever l’ensemble… Ça reste assez rare, et là, pour Le Feu de la Sor’cière de James Clemens, c’est loupé, ça reste bof d’un bout à l’autre. Du coup, forcément, il m’a fallu un temps incroyable pour en voir la fin. Heureusement, Le Mamelouk m’a fourni en nouvelles pour faire passer la pilule, merci encore.

Elena est une jeune fille de 13 ans qui ramasse des pommes tranquillement. Jusqu’au jour de ses premières menstruations où sa main se couvre aussi de rouge et elle rentre chez elle sans comprendre. Après avoir accidentellement mis le feu à sa maison et ses parents alors que des méchants môssieux venaient la chercher, elle s’enfuie avec son frère. Arrivé chez sa tante, ses exploits l’ont précédée et la ville entière veut sa peau. Des monstres débarquent, des gentils aventuriers aussi, son frère est capturé et elle s’enfuie (encore) avec les aventuriers pré-cité. Là-dessus, on part vers d’autres contrées à la rencontre d’un demi-ogre et de deux métamorphes, tout trois bannis de leur peuple respectifs, et qui vont croiser nos gentils baroudeurs dans une grotte pleine de gobelins.
Mon résumé est assez compliqué pour sciemment vous embrouiller, cher lecteur. Mais l’auteur ne mange pas de ce pain là, lui ! Non malheureux, il préfère étaler mon résumé sur quelques 350 pages. Tout son récit dure 3 ou 4 jours mais occupe facilement 500 pages ! Autant dire que c’est détaillé à tendance chiante.

Couverture Bragelonne Dans la même veine, vous avez sans doute remarqué l’apostrophe dans le mot « sor’cière ». Ce doit être la petite névrose de M. Clemens, vouloir être original en rajoutant des caractères. On a donc droit à des og’res, des n’ains et des el’phes, pâles copies de leurs cousins non apostrophés. Utiles, plats, sans intérêt ? A vous de voir, ça m’a profondément perturbé au début. Ensuite, j’ai bloqué sur le style qui m’a semblé fort pauvre. Soit je suis complétement incapable de reconnaître un style trop subtile, soit les 500 pages de ce feu littéraire ne compte pas énormément de métaphores, d’accumulations ou (soyons fous) d’une quelconque litotes. Embêtant quand on se rappelle qu’il n’y a que 4 jours d’action détaillée à l’outrance…
Et pourtant ça ne serait pas très compliqué. Exemple : l’og’re mentionné brièvement au-dessus a la chance de parler la langue commune (… bon, admettons), on pourrait s’attendre à ce qu’il l’écorche, qu’il le bredouille, qu’il ait un accent au moins. Et bien non, à l’écrit rien de tout ça, on a l’impression de lire les paroles d’un humain d’une grande cité très bien éduqué ; à peine apprend-on que « sa voix était pareille au grondement d’un éboulis », cool. On pourrait mettre ça sur le compte de la traduction mais ça serait méchant pour Isabelle Troin qui dans le doute a dû bien faire son boulot.

Tout n’est pas à jeter pour autant, j’imagine que ce livre plaira à ceux qui engloutissent de grandes séries de fantasy sans voir défiler les pages et ne sont pas très exigeant niveau style. Après avoir goûté à Mortimer de Pratchett, j’ai bien du mal à être très clément avec James (ceci est jeu de mot…), je ne lirai pas la suite et ne connaîtrai pas le grand avenir cette pauvre petite Elena. Relire Tolkien me rappellera que c’est possible d’avoir un texte très détaillé et plein de styles.

Le Feu de la Sor’cière (1998), saga Les Bannis et les Proscrits T.1, de James Clément
536 pages, 8€, édition Braguelonne, collection Milady

PS : Voici les recueils et nouvelles qui m’ont aidé travers la lecture :

  • Vous les zombies de Robert Heinlein dans Bifrost n°57 ou par ici !
  • 69 / Anthologie SFQ, avec entre autres Stéphane Beauverger et Maïa Mazaurette
  • This is not America de Thomas Day, on en parle ailleurs et en bien.
  • et enfin le recueil Utopiales 09 que je n’ai pas encore fini mais dont certaines sont bien sympathiques !

Les trois derniers sont édités chez ActuSF.

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6 réponses à “Le Feu de la Sor’cière”

  1. #1

    Le Mamelouk dit :

    Les couvertures de Milady sont définitivement horribles.

    C’est drôle, le début du résumé me fait penser à un mix entre Carrie et Charlie de Stephen King.
    Et le coup des apostrophes c’est quand même bien n’aze !

    J’ai récemment fait l’acquisition d’un recueil de fantasy (chose assez rare pour être soulignée) qui j’espère va me réconcilier avec le genre. Qui vivra Vera (ceci est un indice pour le titre du livre).

  2. #2

    BuzzerMan dit :

    Le coup de la gamine qui a ses premières règles et qui hérite d’un super pouvoir me semble assez classique en fait…

    Je suis curieux de savoir si tu vas trouver de la fantasy que tu supportes ! Je me fâche un peu avec moi aussi ces derniers temps…

  3. #3

    Cuchulainn dit :

    Le problème de la ‘Fantasy’ c’est que c’est un filon totalement surexploité par Auteurs et Editeurs à vocation ‘commerciale’, difficile de dénicher la perle au milieu de cette masse immonde. A part le bouche à oreille et certains critiques littéraires, difficile de se faire une idée.
    Si je trouve qu’il y a pas mal de nanars en SF, je trouve que l’univers de la Fantasy remporte tout de même la palme.
    Ce qu’il faut voir aussi c’est le public que vise l’auteur, le public visé est de plus en plus jeune… Le cinoche et certains Jeux online ont surement eu beaucoup d’influence la dedans. ^^
    Bref, * s’en retourne bouquiner son ‘Nemesis’ et sa ‘Fondation’ *

  4. #4

    Kahlan dit :

    C’est vrai que cette façon de transformer les mots bien connus de la fantasy en y collant une apostrophe dans un semblant d’originalité est assez pitoyable. Je n’avais pas aimé ce livre, mais j’ai persisté en lisant le tome 2. Et avec plaisir, cette fois-ci, puisqu’il est à mon sens de bien meilleur qualité. Et le tome 3 m’a bien plu aussi, d’ailleurs.

  5. #5

    BuzzerMan dit :

    Hum, ça donne vraiment pas envie en tout cas. Bon, je note au cas où un jour ma pile « à lire » diminue dramatiquement mais Le Mamelouk veille à ce que ça ne soit pas le cas.

  6. #6

    Janua Vera | Entrequote charolaise dit :

    […] avant l’été, je me désolais de lire un récit de fantasy fade, avec un style assez pauvre, une histoire qui […]

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