Big Fan

Par BuzzerMan

Couverture de Big Fan

Radiohead, jusque là, je ne connaissais pas. Je savais vaguement que c’est un groupe de rock d’une époque qui n’est pas tout à fait la mienne mais que j’aurais du mal à situer, que ça chante en anglais et que forcément, j’y pige rien… C’est sans doute une hérésie pour certains de connaître si peu un groupe qui a autant pu se soustraire à la popularité maximale tout en gardant un qualité incomparable (j’extrapole, hein). Pour le Big Fan en tout cas, ça en est une. Et d’une pierre deux coups, en lisant ce livre de Fabrice Colin, j’ai comblé ma méconnaissance de ce groupe et ai passé un très bon moment en découvrant ce que pouvait être la vie d’un VRAI fan.

Bill Madlock a grandi à Manchester, il n’a pas une enfance très heureuse entre un père vite absent et préférant la bière, une mère qui le gave (littéralement) de tout ce qu’elle trouve et un iguane n’ayant pas la même longévité que lui… C’est dans la musique qu’il trouvera son réconfort, vous vous doutez bien qui deviendra son groupe préféré après en avoir écouté quantité d’autres. Il est même possible que cette passion le pousse plus loin que la simple adulation du fan moyen…

Mais le livre ne comporte pas seulement cette histoire, on y découvrira aussi la biographie de Radiohead assez complète, allant de la création du précédent groupe qui lie ses membres On a Friday à… la sortie de Hail to the Thief il me semble, en passant par la sortie du premier album Pablo Honey, toutes les remises en cause, la toute présence parfois malheureuse de Creep, les nombreuses séances d’enregistrement… Le style pour cette biographie n’est pas particulièrement fin, on pourrait même dire assez basique mais il est agrémenté de petits commentaires sarcastique (entre crochet) justement sur ce style et sur le contenu qui dérident l’aspect assez austère de ces parties. On se demande d’ailleurs qui pourraient bien les avoir écrit…

Enfin, on pourra aussi lire les lettres d’un détenu dont on comprendra assez vite qu’elles sont écrites par Bill. Ce qui renforce d’autant plus l’intérêt que l’on porte à son récit : comment a-t-il pu en arriver là ? Pourquoi est-il devenu dingue ? A qui s’adressent ces lettres ? Des questions dont la réponse ne ferait pas frémir les scénaristes de Lost mais qui m’ont fait avancer chaque partie avec intérêt.

Fabrice Colin nous propose une biographie originale d’un groupe dont il serait vraiment dommage de passer à côté, entre la vision fanatique de Bill Madlock et la description classique. Preuve, s’il en est besoin, que le rock anglais est en bien meilleure forme que celui de notre côté de la Manche ! Et si avec un troll pareil on n’a pas plein de commentaires, c’est qu’on a véritablement pas assez de vues…
Et en bonus, depuis que j’écoute Radiohead, j’aime encore moins Muse !

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