Le Retour des Ténèbres

Par BuzzerMan
Couverture de

Les lecteurs assidus de ce blog le savent : pour Mamelouk et moi, Asimov c’est notre grande passion ! Et comme la bibliographie du ‘sieur est plus que conséquente, il est facile d’y prendre un livre au hasard et de l’aimer immédiatement. Du moins, c’est ce que j’imaginais en commençant Le Retour des Tenèbres, roman écrit en collaboration avec R. Silverberg, je dois confesser que je ne connais ce dernier que de nom…

Beenay est astronome au sein de l’Observatoire de l’université de Saro, importante ville de Kalgash, la planète au six soleils qui ne connait pas la nuit. Quand, grâce à des calculs initiés par hasard, il s’aperçoit que la théorie de la gravitation universelle, découverte quelques décennies plus tôt, n’est pas conforme aux mesures faites sur les positions des soleils, il se rend chez son mentor pour lui expliquer son désarroi. Ce dernier, doyen de l’université, va conduire de nouvelles recherches aboutissant à la potentielle existence d’un autre corps céleste qui leur masquerait les soleils à une date très précise.
Parallèlement à cette découverte, l’éminent psychiatre Sheerin est appelé à donner son avis sur une nouvelle attraction qui rend les gens fous : le Tunnel du Mystère où les visiteurs sont plongés pendant un quart d’heure dans les ténèbres. Vient ensuite l’archéologue Siferra qui découvre, au hasard d’une tempête de sable, les vestiges de plusieurs anciennes villes superposées semblant être détruites par le feu. Tous ces scientifiques vont être confrontés à un puzzle dont la solution les terrifie, d’autant plus qu’elle donne du grain à moudre aux inepties des Apôtres de la Flamme, une secte qui prophétise le Retour des Ténèbres

Couverture de Normalement, à ce stade, vous devriez avoir compris à peu près toute l’histoire, je n’en dévoile pourtant pas beaucoup plus que le titre et le 4ème de couverture. C’est tellement évident qu’il n’y a pas grand chose à dévoiler de toute façon. On se dit alors que ce sera la manière d’amener cette intrigue qui fera le sel du roman. Mais non, déception… À tel point qu’il m’est assez difficile de le formaliser tant cela remet en cause mon admiration pour Asimov. J’ai trouvé que l’histoire traînait beaucoup trop, les mêmes points sont disséqués sans cesse alors qu’ils m’ont paru presque évidents. J’ai eu l’impression de piétiner en lisant, ce qui n’est pas très désagréable vu que je lis le plus souvent couché !
De plus, les aspects pseudo-scientifiques proposés ne sont pas très évolués même si l’on a arrêté la physique à la fin du lycée, c’était pourtant un des points appréciés dans la saga des Robots. Enfin, le nombre relativement réduit de personnages qui ne font que rester entre eux, n’aident pas à sentir le destin de tout un monde, un peuple, une civilisation, basculer. Jusqu’à la troisième et dernière partie, après… ce que vous imaginez, où les auteurs prennent un peu plus de risque et nous propose leur vision de l’après-apocalypse. Une fin de roman qui m’a particulièrement plu, même si elle souffre en partie des mêmes défauts, le thème m’est plus parlant j’imagine.

Qu’on s’entende bien, le livre n’est pas raté pour autant, c’est sans doute moi qui suis plus exigeant ou qui n’ai pas adhéré, vu mon frère l’a lu et me l’a conseillé sans hésiter. Je n’ai pas très bien cerné ce qui a été écrit par Asimov et ce qui provient de Silverberg ; même si le roman est paru deux ans avant la mort du premier, je ne rejette pas ma déception sur le second, le style Asimov m’est peut-être un peu trop familier et j’ai besoin de changement. En tout cas, il serait intéressant d’avoir un explication sur leur collaboration, comme Asimov sait en donner dans ses recueils de nouvelles. Il me faut aussi lire un autre roman de Silverberg, pour confirmer ou infirmer mes impressions sur cette collaboration.

Au final, je ne sais pas si je dois le recommander, il me semble un peu abusif de ne le lire que pour la dernière partie, comme il serait aberrant de bouder son plaisir si le style Asimov vous sied parfaitement. Quant à moi, il me reste à découvrir les écrits de Silverberg pour vérifier si son style renouvelle l’intérêt que j’ai pour la SF, vous auriez un titre pour commencer cette découverte ?

Le Retour des Ténèbres, de Isaac Asimov et Robert Silverberg (1990)
536 pages – 9€, éditions Pocket
ou 352 pages – 20€, éditions Terre De Brume (24x24cm)
Traduit de l’américain par George W. Barlow
Illustration de couverture de Sam Van Olffen (Pocket)

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3 réponses à “Le Retour des Ténèbres”

  1. #1

    Julien Appert dit :

    Je partage cette passion pour Asimov !

    Je ne sais pas si tu es au courant, vu que tu n’en parles pas, mais ce roman est tiré d’une nouvelle qu’Asimov a écrite en 1941 : « Quand les ténèbres viendront ». L’exercice de tirer un roman d’une nouvelle explique peut-être ton sentiment de longueur.

    Je n’ai pas souvenir d’avoir ressenti cette déception à la lecture du « retour des ténèbres », mais je suis assez peu critique en règle générale !

  2. #2

    Le Mamelouk dit :

    J’ai personnellement moyennement accroché à ce roman, je trouve qu’il s’éparpille trop : si le sujet principal est intéressant, sa transformation dans le dernier tiers en post-apo m’a semblé de trop. Le soufflé retombe un peu et je me suis au final un peu embêté dans cette dernière partie, qui de plus ne renouvelle pas vraiment le genre.

    Je ne savais pour la nouvelle, du coup c’est peut-être bien comme Julien l’a dit la raison de cette impression de longueur que j’ai aussi ressentie.

  3. #3

    BuzzerMan dit :

    Julien : Ah oui ! Je l’avais lu chaiplus où (dans l’introduction peut-être) cette histoire d’adaptation de nouvelle, il se pourrait bien que mon impression de longueur vienne de là.

    Le Mamelouk : C’est étonnant qu’on ait pas été emballé tous les deux mais pour des raisons opposées.

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